‹ Morale des idées-forcesChapitre 100 sur 136 · MORALE DU SENTIMENT ET MORALE DEL IDEE · texte numérisé non relu

MORALE DU SENTIMENT ET MORALE DEL IDEE

créature de l'atteindre (1). » Kant reconnaît ici que r habitude modifie notre nature et notre volonté; que, si nous avons respecté une première fois la loi morale, nous avons créé par cela même une tendance à la respecter de nouveau ; que ce respect se change peu à peu en inclination et même en amour. L'idéal d'obéissance à la loi pour la loi seule et par pur intérêt pour sa forme rationnelle n'est applicable, s'il Test, qxx'une seule fois; dès que nous Tavons appliqué, nous suscitons nous-mêmes une inclination morale, qui, désormais, ne suit plus simplement l'idée pure de la loi, mais la précède et nous fait pencher à l'avance du cô.té de la loi. Seulement, ici encore, Kant ne va pas assez loin: il suppose toujours que l'objet de notre amour est la loi même comme telle, la loi comme forme et comme règle; or, jamais l'homme ne se contentera d'un formalisme qui ne suffirait pas à fonder un réel amour. Ce que l'homme qui a bien agi aime, ce sont les autres hommes et, s'il est croyant, Thumanité à la fois idéalisée et réalisée dans la divinité. Le « pur amour» du croyant n'a pas pour objet un « ordre », mais un être parfaitement bon, qui n'ordonne que parce qu'il aime et parce que la loi est un moyen de lamour, de Tuniverselle bonté.

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