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REPONSE AUX OBJECTIONS SUR LA LIBERTE

illusoire et imï)0ssible » pût remplacer la liberté et la produire? Nous avons soutenu,— et nous venons de le soutenir encore — que, grâce à un pouvoir du développement indéfini, dont le fond nous échappe et donlavbcun déterminisme ne peut rendre compte, l'idée et le désir de liberté servent à réaliser progressivement en nous toutes les formes possibles de liberté, mais non pas les formes impossibles. Nous ayons lait voir — et nous venons de le répéter, — que ces dernières formes (eomme la liberté d'indifférence) ne serviraient à rien, ni psychologiquement, ni moralement. Notre conclusion a été et est encore que tout déterminisme mécaniste ou physique est insttffisaiat, mais qu'il y a un détermmisme, un seul, nécessaire à la pensée, celai des raisons et de l'explicabilité, déterminisme qui n'exclut pas la liberté vraie, la liberté morale, mais qui en est, an contraire, la condition dans l'expérience. Nous sommes moralement libres^ encore une fois, quand nous agissons pour deux raisons, dont l'une est Vidée même de notre liberté et l'autre Vidée du bien umverseL Pratiquement, l'action de l'idée rend compte de tous les faits d'expérience qui sont attribués au libre arbitre : elle en est donc bien ce que no-us avons nommé V ce équivalent :» pratique. Théoriquement, ce n'est pas au libre arbitre inconditionnel que l'homme tend, car ce genre de libre arbitre enveloppe une impossibilité Uiéorique et n'est qu'une pseudo-idée. L'feomme tend à une puissance ou indépendance supérieure, qui, élevée ao maximum, devient identique à la moralité idéale ; c'est par rapport à ce terme suprême que nous avons établi des « approximations » possibles, permettant à l'homme un progrès indéfini. Certes, nous sommes le premier à demander, à appeler de nos vœnx les objections sérîewses, avec l'intention sincère d'en tenir compte: de telles objections ne manquent dans nulle question ni pour personne; mais n'y a-t-il pas quelque chose de pénible, pour un penseur qui a si longuement et si sincèrement approfondi un grand problème, à voir dénaturer sa

pensée et tourner une discussion sérieuse en jeux de mots?

D'autres objections qu'on nous a faites reposent sur l'assimilation antiscientifique de ce qui est vraiment sous la dépendance de nos idées et de nos désirs avec ce qui est réellement indépendant de ces idées et désirs. On conclut de Tun à lautre pour nier Tinfluence des idées et notamment de l'idée de liberté. C'est là ignorer la question ou la déplacer. Si nous pensons à une vie sans fin et la désirons, cette idée et ce désir n'augmenteront pas d'une heure la durée de notre vie ; mais c'est que les conditions qui peuvent réaliser la vie et la mort naturelles sont absolument indépendantes de notre pensée, autant que peuvent l'être les mouvements lointains des planètes. Si, au contraire, au moment où nous éprouvons une passion, nous avons l'idée de sa laideur et de son irrationalité ; si, en même temps, nous avons lïdée d'une résistance possible, d'une indépendance désirable de notre être intelligent par rapport à ses impulsions aveugles, conséquemment d'une liberté possible et désirable, dira-t-on que l'idée, ici, n'éveille aucune inclination analogue à elle-même et « raisonnable » comme elle? Pouvons-nous, en présence de cette idée, agir de la même manière qu'en son absence ? La vie se prolonge ou se termine par des conditions physiques indépendantes de nos désirs ; mais la modification de nos désirs et de nos actions par nos idées est un fait d'expérience journalière : l'idée, ici, est parmi les facteurs scientifiques de l'acte, tandis qu'elle n'est pas parmi les facteurs de notre vie ou de notre mort. Encore l'idée peut-elle agir indirectement sur la vie même, en exerçant une action favorable ou défavorable, tonique ou dépressive, sur l'état actuel de notre santé et de notre résistance vitale. On cite des cas où il semble que la vie ait été réellement prolongée par l'idée seule qu'elle le serait jusqu'au moment où un être aimé viendrait recevoir les suprêmes embrassements. « Le voir encore, puis mourir! » Ce souhait a été plus d'une fois

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