REPONSE AUX OBJECTIONS SUR LA LIBERTE
exaucé, ou plutôt s'est exaucé lui-même par fénergie de vitalité qui résultait de Ténergie du désir.
Nous avons donc le droit de conclure que Tidée de liberté, par les éléments à la fois réalisables et désirables qu'elle enveloppe, exerce une action, d abord inbibitive, puis impulsive , sur les inclinations inférieures. Le jugement : «je puis résister », que la réflexion suscite toujours chez un être intelligent, est le commencement de la résistance. Si l'attention se porte avec force sur ce jugement, si l'idée se multiplie pour ainsi dire par elle-même, ce sera autant de force enlevée à la passion qui eût entraîné tout Têtre. Les motifs positifs de résistance viendront se grouper autour de cette idée d'une résistance possible et, dans plus d'un cas, la résistance deviendra réelle. Fortifier Tidée d'une lutte intelligente contre les impulsions aveugles, l'idée d'une indépendance rationnelle par rapport aux passions, bref, l'idée d'une liberté intérieure, ce n'est donc nullement travaillera grandir une « illusion »,même « bienfaisante ». 11 n'y a pas là d'illusion ; il y a une réalité, et c'est cette réalité qui est bienfaisante. Si Ton disait à un savant : << Je vous défie de construire un pont sur les canaux de Mars (dans l'hypothèse où il y aurait des canaux sur Mars) ; donc vous ne pouvez pas en construire sur les canaux terrestres », le savant trouverait sophistique cette identification entre ce qui est hors de nos prises et ce qui tombe sous notre pouvoir. Ce sont cependant des arguments de la même faiblesse qu'on oppose à la théorie de l'auto-déterminisme des idées et désirs. Cette théorie scientifique a résisté et résistera encore aux objections, parce qu'elle est fondée sur l'expérience et qu'elle fonde elle-même la possibilité d'une morale en conformité avec l'expérience.