‹ Morale des idées-forcesChapitre 12 sur 136 · RAPPORTS AVEC LA PHILOSOPHIE DES IDÉES-FORCES XXI · texte numérisé non relu

RAPPORTS AVEC LA PHILOSOPHIE DES IDÉES-FORCES XXI

les doctrines philosophiques : 1^ celles qui s'efforcent d'alleindre les objets et de les exprimer dans un système : c'est la tendance objectiye et systématique; 2° celles qui ramènent tout à la théorie de la connaissance et ne prétendent pas atteindre Texistence ; 3« celles qui se contentent de valeurs subjectives, créées parle sujet doué de volonté ou de « puissance » ; telles sont les doctrines de Guyau et de Nietzsche. On a symbolisé ces trois positions philosophiques en disant que, pour la philosophie systématique et objective, il y a équation de la pensée et de la réalité : pensée = réalité ; pour les partisans de Tépistémologie, la réalité dépasse la pensée : pensée < réalité; enfin, pour le troisième groupe, la philosophie étant l'évaluation du réel par la pensée selon les besoins de la connaissance et de l'action, il s'ensuit que la pensée dépasse la réalité : pensée > réalité (1). N'y a-t-il aucun moyen de ramener à une synthèse la direction objective, la direction épistémologique, là direction subjective prise par la philosophie de l'évaluation ? C'est ce que nous croyons pour notre part, c'est ce que nous avons tenté de faire. La philosophie des idéesforces, à la fois théorique et pratique, est essentiellement la réunion des trois points de vue. Elle pose d'abord des idées, donc des modes de connaissance accompagnés de sentiments et d'impulsions. Ces idées sont des valeurs, puisqu'elles portent sur des vérités, sur des biens, sur du beau, sur de l'utile, et ces valeurs deviennent pratiques par elles-mêmes grâce à la force de réalisatioa qui appartient aux idées.

La philosophie que nous soutenons est donc bien une philosophie d'évaluation, comme celle de Guyau et de Nietzsche, mais non d'évaluation illusoire ou artificielle , comnae Timagine Zarathoustra ; elle est une philosophie de valeurs fondées sur la connaissance et l'existence, et qui, grâce à ce qu'elles contiennent de conforme au réel, ajoutent au réel et le perfectionnent.

(1) Hôffding, Philosophes Contemporains. Voirie chapitre intitulé : Alfred Fouillée et la philosophie française contemporaine.

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