PERENNITE DES SOUTIENS ESTHETIQUES DE LA MORALES
tandis que son esprit venait d'ancêtres supérieurs. Mais la physionomie, qui est plus véritablement individuelle, corrige les laideurs héritées ; elle peut même, à la longue, réformer les traits, intellectualiser un visage d abord plus ou moins simiesque. Selon Spencer, il est inévitable qu'avec les siècles l'équilibre s'établisse, au sein de l'humanité, entre les divers éléments fournis à l'individu par l'hérédité. Le progrès fera disparaître peu à peu les discordances : la beauté extérieure tendra à exprimer, avec une vérité de plus en plus fidèle, la beauté intérieure du type. A la limite, dans la société idéale de l'avenir, les traits et la physionomie seraient le parfait miroir de la grâce ou dé la laideur morales. On lirait sur le visage de chacun ce que vaut son esprit, ce que valent les idées-forces qui le dirigent. Si ce rêve se réalisait de plus en plus, au moins pour la moyenne, ce serait un nouvel appui esthétique de la moralité : par une sorte de sanction physiologique, le vice entraînerait pour l'individu l'enlaidissement de soi-même et de sa descendance. En outre, cet enlaidissement aux yeux de tous, en excitant l'antipathie et l'éloignement, constituerait une sorte de sanction sociale.