L IDEE DU SUJET MORAL
I. — La moralité est avant tout une décision de l'individu. Elle est mieux encore que ce qu'un astronome appellerait une équation personnelle ; elle est une action personnelle en réponse à Faction du milieu physique, physiologique, social et même cosmique. De plus, elle est une réaction du moi tout entier, s'exprimant dans une direction finale de la volonté. Enfin elle est une réaction consciente et intelligente, qui a lieu sous ridée des diverses réactions possibles. Un acte purement machinal n'aurait évidemment rien de moral ; la moralité ne commence que quand on sait ■ plus ou moins clairement ce qu'on fait et pourquoi on le fait. Tout ce qu'on dira de la spontanéité avec laquelle fhomme de bien agit ne l'empêchera pas d'agir sous une idée, par une idée, pour une idée. Quelle que soit la « genèse » de la moralité, quelque incontestable part qu'y aient eue la société et la nature, la moralité n'en demeure pas moins, en son essence propre, une chose de «for-intérieur », une impulsion qui enveloppe sentiment et pensée.