‹ Morale des idées-forcesChapitre 65 sur 136 · ET DE LA RELATION. — IDÉE-FORCE DU BIEN · texte numérisé non relu

ET DE LA RELATION. — IDÉE-FORCE DU BIEN

. Nécessité d'une classification scientifique des êtres. — II. Catégories de la quantité, de la qualité et de la relation. — III. Classification des êtres et des fonctions en sociologie et en psychologie.

NÉCESSITÉ d'une CLASSIFICATION SCIENTIFIQUE DES ÊTRES

Par l'analyse de la conscience, la morale des idéesforces est arrivée, jusqu'ici , aux résultats suivants, qu'il importe de préciser. D'une part, nous l'avons vu, la conscience ne peut ni poser sa propre existence, ni se connaître elle-même dans sa manière d'être et d'agir, qu'autant qu'elle connaît le monde des objets et celui des autres sujets ; pas de psychologie

'il.

absolument pure de toute cosmologie et de toute sociologie. D'autre part, la conscience ne peut se réaliser pratiquement, en sa plénitude, qu'autant qu'elle se fait ragent d'un idéal universel auquel tous les êtres conscients contribuent et en qui ils sont associés : pas de morale psychologique qui soit pure de toute sociologie et de toute cosmologie. En d'autres termes, nous ne pouvons ni attribuer aux objets une valeur morale sans considérer le sujet doué de volonté qui les poursuit, ni attribuer à la volonté une valeur morale sans considérer les objets qu'elle poursuit. Si la fin morale enveloppe un certain état ou plutôt un certain acte de la conscience individuelle, elle enveloppe aussi un certain état possible du tout, y compris nous-mêmes; elle tend au développement d'un monde parfaitement harmonieux, qui a pour condition la volonté personnelle, mais qui est lui-même, à son* tour, la condition d'une volonté personnelle parfaitement développée et harmonieuse. Dès lors, c'est par abstraction que l'on sépare, en morale, le sujet d'avec l'objet, l'intention d'avec la fin objective qu'elle vise : on ne peut avoir « bonne volonté » et bonne intention sans tendre à une fin quelconque ; la fin, d'autre part, ne peut être moralement bonne sans l'intention. La volonté moralement bonne est Tintenlion universelle, mais pour savoir si elle est universalisable, il faut précisément la transporter dans un monde d'objets, dans une « nature », et voir, comme dit Kant, si elle y pourrait être érigée en loi. Il y a donc une certaine conception de la nature sans laquelle l'intention morale resterait vide. Ni la simple contradiction logique^ ni la simple contradiction avec la volonté universelle, telle que Kant la représente, ne suffira à éliminer telles ou telles maximes comme non droites; cesera,selonnous, leur contradiction avec un idéal suprême, dontlecontenu réel sera emprunté, d'une part, à la nature et à la société, de l'autre, à laconsciencelaplus profonde denousmêmes. C'est pourquoi la philosophie des idées-forces doit établir une entière harmonie et non une opposition

entre la morale cosmologique, la morale sociologique et la morale psychologique. C'est un de ses caractères les plus essentiels.

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