‹ Morale et politiqueChapitre 109 sur 113 · LA LOT SCH LA PRUSSE · texte numérisé non relu

LA LOT SCH LA PRUSSE

vées pour vaincre ses scrupules, un article «le loi est jugé quand il est présenté comme il suit : i Dés l'abord, celte a disposition de l'exécution provisoire en matière de pé- « ualite nous avait semblé inadmissible. Exécuter provi- » soircmenl la peine qui n'est pas définitive, c'est s'ex- » poser li une exécution injuste, pour le cas où la Cour " infirmerait le jugement qui a condamné. Aussi ce n'est i qu'après beaucoup d'hésitation que la commission, • divisée sur ce point, s'est décidée à admettre la mei sure proposée par le gouvernement. •

Dans la pénalité infligée aux délits de presse, la loi substitue [ amende à la prison ; or, celle amende peut être de la moitié «la cautionnement, c'est-à-dire de 2â,000 francs pour les journaux parisiens, et, en cumulant la peine contre l'écrivain , le gérant et l'imprimeur, elle peut s'élever à la modeste somme de 75,000 francs. On a pensé frapper juste en effrayant les intérêts. Nous ne réclamerons pas pour la prison contre l'amende, on pourrait nous accorder les deux; nous voulons témoigner seulement que nous comprenons pourquoi elle nous est épargnée : sans doute, comme on dit, la prison flétrit le prisonnier, mais quelquefois aussi le prisonnier flétrit la prison, et nous constatons qu'on a renoncé à cette pénalité, parce qu'elle n'est jamais que ce que la fait l'opinion publique. Nous nous arrêtons ici, quoique, à vrai dire, on n'en ait jamais fini avec ce Rapport, Il a élé sévèrement jugé; malgré tout, il a un mérite : il ne donne pas le déplaisir de voir notre belle langue couvrir les idées el les raisonnements les plus médiocres. Dieu soit loue ! il n'est pas écrit en français.

[,a loi va doue enfin Être discutée, [.'intervalle considérable qui sépare cette discussion du jour où a élé écrite la lettre impériale n'a pas semblé être naturel; des gens qui soupçonnent partout une profonde politique, et qui mettent leur esprit à la pénétrer, ceux qui écrivent 1 histoire contemporaine, comme Bossuet a écrit l'histoire universelle, se sont mis en campagne; si la loi avait élé distillée immédiatement, ils auraient expliqué celle rapidité ; comme la loi n'est disculée que longtemps après, il leur fallait bien expliquer ce retard I; ils s'accordent û dire que ce retard a élé prémédité, mais ici ils se divisent : les uns pensent qu'on a voulu acclimater les Français à la liberté de la presse avant de la leur donner, ils voient là quelque chose de pareil à l'apprentissage des nègres, qui précède l'émancipation ; les autres devinent très-finement qu'on a voulu discréditer la presse par ses propres excès et ruiner par avance la loi qui l'affranchit. Pour nous , nous avouons être beaucoup moins avisés et voyons les choses tout bonnement. L'apprentissage n'a réussi nulle part: il n'est qu'un malaise entre deux élais, et plus difficile à supporter que la pleine liberté on le pliîin esclavage ; ([liant à admettre qu'on a promis la liberté pour avoir le mérite de relie promesse, loul en faisant naître de bonnes raisons pour la refuser, une telle supposition, qui fait de la lettre impériale un piège, nous parait irrespectueuse et absolument indiscutable. Sans chercherai loin, il sullïsait de réllécliir qu'il y a chez les partisans du gouvernement, comme dans tons les partis, des esprits ni Ira- conservateurs , que le mouve-

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