‹ Morale et politiqueChapitre 13 sur 113 · LES MORALISTES SOUS L'EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LES MORALISTES SOUS L'EMPIRE ROMAIN

Voici un dos meilleurs livres dont on puisse recommander la lectuiv. Une étude approfondie des écrivains et des temps où ils ont paru, aucun esprit de parti, une philosophie élevée, un scnlîment moral très-délicat, jKiint de rhétorique, mais une simplicité, une sincérité qui vous pénètrent cl qui arrivent h îles effets où l'artifice n'arriverait pas, c'est, il nous semble, de quoi réussir auprès du public qui, en définitive, fait les succès durables.

Il est question, dans ce livre, de SétiÉquc, de Perse, d'Epiclete, de Marc-Anrele, de Dion Clirjsoslome, de Juvénal et de Lucien '. On peut considérer ces auteurs sous plus d'an aspect ; M, Marlki, sans négliger les

1 la monliUo joki Vtmpin nuxuu, pnrU Marti™ , rliargé du cours du poésie latine nu CaHégp de France ; au volume in-W". Hachette.

* Concilier fS/nipu II Pkilotofki, traduction nouvelle pur J. liaillord. ilutlï vol. in-IB. IJaclietlc— ht» Stilirifues /nlr'iJJ, COUIprenant JnréOnt, Paras, etc. ; traduction par lî. Despois, un vol. in-lS. Hachelte. — La K,,i,tt,„,< <ÏE } „n<u, traduction nouvelle par Counlavauï. nu Toi. iu-lB. Didier. — Mavc.Àurèh, iraduetiun par A. P laiton, un volume in-18. Charpentier. — Lutte», œuvres ™mplMi!s, tr m lui lion par Tolbot, deuï vol. iii-la. llachctle.

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autres aspects, les considère surtout comme moralistes, très-curieux à connaître, car ils sont aux limites de deux mondes, du monde païen et dumondechrélien ; ils vivent dans le crépuscule qui précède un jour nouveau. Nous ne suivrons pas l'ouvrage dans ses détails (rien nedispensc do le lire) ; nous nous contenterons d'en indiquerlamarche et l'esprit. Le Irait caractéristique de l'époque, c'c;l l'effort que lente ta philosophie pour remplacer la religion qui s'en va ; l'école d'Alexandrie essaya cette révolution dans la métaphysique ; les hommesdont nous parlons ici l'essayèrent dans la morale; ils ne se contentèrent pas de professer, ils voulurent contenter les instincts auparavant endormis qui s'éveillaient alors.

La religion moderne a plusieurs fonctions : les cérémonies, la direction morale et la prédication ; le paganisme se bornai! aux cérémonies ; la philosophie en vint ii faire ce que la religion ne faisait pas. De bonne heure on voit les philosophes s'entourer de disciples ou s'altacber à quelque grande famille ou à quelque grand personnage ; c'est par de telles leçons que Lélins, Brutus, Cicéron se formèrent; Auguste recevait dans son palais Alliénodore de Tarse. Quand les temps devinrent mauvais, la philosophie ne fut plus un luxe de la vie, elle devint ta consolation et la force des âmes, qui choisirent la doctrine la plus ferme, le stoïcisme, pour s'y appuyer. Les philosophes stoïque; se trouvèrent alors investis d'une véritable direction morale, à laquelle on recourait dans les grandes crises. Calon s'enferme avec eux pour préparer sa grande résolution; Thraséas ireurl on attachant ses derniers rc-

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