L'ÉCOLE
situation des mat très cl maîtresses, ' e nombre des communes qui n'ont pas d'écoles, le nombre des écoles de garçons, de filles, ou mixtes, des écoles tenues par des laïques ou des religieux, des; enfants qui suivent les cours, de ceux qui n'en suivent ancun, des adultes qui savent lire et écrire, de ceux qui ne savent ni l'un ni l'autre, et la proporlion de ces ignorants par départements.
Arrélons-nous ici avec lui. L Expiai de la situation de l'Empire, publié en 1864, avoue que 000,000 enfanti ne reçoivent aucune instruction; M. J. Simon ajoute aisément à ce chiffre, car l'inscription sur le registre d'école n'est pas l'assiduité : plus de la moitié des enfants inscrits passe un mois ou deux à l'école et disparait; puis il ; u les apprentis des manu factures qui sont tenus par la loi de suivre l'école, maïs qui ne connaissent guère que l'école buissonnière ; puis l'assiduité ne fait pas l'application ni le succès ; enfin, une fois hors de l'école, combien perdent la faculté de lire et d'écrire, faute d'usage! On arrive ainsi à un nombre d'illettrés bien autrement torique ce nombre defiO0,OH0, qui était Ires-suffisant.
D'ailleurs, on n'est pas condamné aux suppositions sur le nombre réel des ignorants : il y a des circonstances où la statistique les retrouve: ce sont le mariage el!a conscription. A la conscription de 1862,!a mojenne des jeunes gens qui ne savaient ni lire ni écrire était d'un peu plus de 27 (37. *} sur 100, plus du quart. L'épreuve fuite lors du mariage fournit des résultats plus fâcheux : en I8G0, le nombre des mariés qui ne savaient das signer était entre 37 et 38 (37-56) sur iOO, c'est-à-
M. JULES SIMON Ml
dire plus du tiers. Quelle proportion ! Encore nu donnet-elle pas une indication parfaitement exacte, car il y a beaucoup de gens dont toute la littérature consiste à signer leur nom. Voilà déjà une moyenne peu honorable ; qu'est-ce donc si on laisse ces calculs des moyennes pour considérer le dernier terme auquel l'instruction peut descendre ! On le verra (p. 21 0) dans le tableau où M. le général Morin a classé les départemenis de la France. Le Finistère donne, de ces conscrits qui ne savent ni lire ni écrire, plus de U8 (68,2) sur 100. La proportion est effrayante. Il y a des départements qui ne sont pas beaucoup pins avancés que le Finistère, cl tels qui étaient assez contents d'eux-mêmes le seront peu quand ils verront le rang où ils sont placés.
Voilà l'état présent des choses, il n'est pas flatteur; aussi nous ne serons pus étonnés que îles documents de celte sorte, nui disent si sévèrement la vérité, ne soient pas |>artoul bien reçus ; mais on aura tort, car ils ont celle utilité de réveiller le publie et le pouvoir. Qu'importe que l'amour-propre national en souffre pour le moment, si celle souffrance est salutaire et que l'on corrige un viec dangereux! Les Anglais ont la bonne babîlude de provoquer en Loute occasion de semblables enquêtes, donlils l'ont teurprolil. Nous aussi, nous pourrons faire notre profit de l'enquête à laquelle M. Jules Simon s'esl livré. Il y a une trcnlaine d'années, quatre cent quatrenngt-dt* inspecteurs furent chargés de visiter toutes les écoles de France; leur rapport montra quel était le degré du mai et à quel point il élail urgent d'y reiné-
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(lier; on s'en fait une idée par l'ouvrage «lu il. Loraia' , dont M. Jules Simon adonné des extraits. Dans le même temps, MM. Cousin et Saint-Marc (lirardîn retracèrent l'élat tlorissant de renseiguenicnt primaire ot intermédiaire en Allemagne, sans crainte de blesser un faux patriotisme. Le premier mouvement, en lisant les chiffres donnés par l'École, est donc un mouvement de révolte, mais après on se remet ; dés que ! on compare 186* à 1833 et que l'on mesure les progrés accomplis dans l'intervalle, on prend une juste conliance que ce qui reste à faire se fera. Osons envisager la statistique que l'on nous donne, et que l'Étal et les départements méditent là-dessus. Il est à croire que l'Étal ne restera pas inactif, et on peut espérer beaucoup d'un minisire plein de la meilleure volonté. Quant aux départements, il j en a plus d'un qui n'aura pas lieu d'être lier ; raison de plus pour qu'ils se voient tels qu'ils sont ; des chiffres comme ceux qui sont ici ou des teintes plus ou moins sombres, comme celles qu'employait M. le baron Dupin, sont extrêmement utiles : ils font naître cette confusion salutaire qui est le commencement de !a conversion .
Une fois que l'on est convenu de la nécessité de répandre l'instruction, il reste il examiner les moyens de la répandre, et on rencontre la question de l'instruction gratuite et obligatoire.
M. Simon calcule que la gratuité universelle coûterait une vingtaine de millions. Quoiqu'il lui semble que cet argent ne serait pas perdu, il lui platl encore mieux que
1 Tnblenn dr Ïinst.-Hctiw jviiitaîrr ru Fïaiicr. 18:i7.