LES MORALISTES FRANÇAIS
nouplo et le plus léger di's dVinrats, r[u'il a imijunrs ulLeinl ou plutôt rencontré riïipri-^wn lu [.lup jiblf cl la plusforto, si bien qu'on ne peut imapiner mio-jx dites cSinscs qu'il a voulu dire, que les changements survenus dans notre idiome, moins carcasanl et moins flexible, ont plutôt augmenté qu'obscurci le charme de sa parole, et qu'on peut encore oiijminlluit m<-~ iii: pliiisii- ipi'nii ('prouve en le lisant le propres qu'on a fuit dans l'art df rumprtiidre noire langue et du In gc-Ûterî-
La Boétic, qui figure ici, esl-il vraiment un moraliste? Je n'en suis pas sûr ; il est plutôt un publîcîsie, et ceux qui, à plusieurs reprises, ont réimprime son discours De la servitude volontaire oui jx:nsr> ainsi, car ils n'enlendaieni pas réimprimer un ouvrage de morale philosophique, mais un pamphlet politique pour le combat du jour; Lamennais, un de ces éditeurs, savait ce qu'il faisait. C'est donc un publiciste ; encore, quand on l'aura baptisé de ce nom, sera-t-il bon d'ajouter qu'il le fut sans le croire, et que le discours était de lui, non le dessein qu'il a plu d'y mettre. Montaigne avoue rjue La Boétie < eût mieux aimé être né à Venise qu'à Sarlai,» el il lui donne raison ; mais il ajoute qu'il écrivit son discours « par manière d'essai, en sa première jeunesse, à l'honneur de la liberté contre les tyrans. » Oui, en effet, ce doit être là la juste nuance; le discours n'était ni B ne déclamation de rhétorique, ni un pamphlet destiné a détrôner François I" ou Henri II, au profit de la républi que; ces beaux esprits de la Renaissance, nourris de la pleine antiquité dans leur temps et leurs pays, ne savaient plus au juste dans quel monde ils vivaient. Quoi qu'il en soit, moraliste ou publiciste de seize ans, il a
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exposé admirablement ce paradoxe d'un peuple qui, pour être libre, n'a besoin que de le vouloir, el qui ne le veut lias, parce qu'il est frappé du .stupeur, qu'il ne senl plus sa force cl qu'il l'a perdue, il. Prcvost-Paradol, lui, n'est pas, on le sait, du seizième siècle ; il a commenté vivement La Boétie.
Les deux Éludes sur Pascal et La Rochefoucauld me paraissent être les plus remarquables du livre. M. Prevosl-Paradoi défend la nature humaine, sa force et sa droiture contre les deux philosophes qui l'ont si durement traitée; il est vrai, lin, éloquent, jamais pédant, n'oubliant jamais ce qui est dû à celui qu'il combat. Nous connaissons tous l'argumentation de Pascal. Il oppose la grandeur de l'homme à ses misères, la grandeur de sou ame, qui ne peut être comblée que par l'infini, aux misères de sa condition réelle, aux vaines pensées et aux vains plaisirs qui l'amusent et le conduisent jusque dans la mort, après laquelle est l'enfer; il ne s'explique celte contradiction que par la chute originelle : « Misère de » grand seigneur, dit-il, misère de roi dépossédé. » Cette explication, qui lui semble Cire la seule, ne l'est pourtant pas, car, au lieu de supposer que l'homme est lombé d'une liante origine, on peut supposer qu'il est né pour une haute destinée, qu'il doit mériter par l'épreuve. Pascal encore, frappé du néant de notre existence, a sacrifié impitoyablement la science el les allections : il ne veut lias qu'on cherche, il ne veut pas qu'on aime, il nous absorbe dans la préparation de la mort, et il se trompe, car la vie nous a élé donnée pour vivre. Mais de quelque façon qu'il explique notre grandeur et nos misères, il