H. DAL'DOL'IX 1G£I
occupe mie od plusieurs heures de la semaine; au-dessans il marque d'autres couleurs d'an 1res enseignements, cl ainsi on embrasse d'un coup-riVeil la durée retenant supposez deux, trois, quatre ou cinq claies, etc.; il n'y aura qu'à les mettre en aillant de colonnes, en regard, sur la même page, el en rotant l'Échelle d'une mémo couleur monter ou descendre, on verra tout do suite le pins ou moins de temps que chaque exercice prend dans toutes les classes de l'école.
L'auteur du Rapport ne s'est pas borné à recueillir des programmes ; il a vu et il nous nionirc comment ces programmes sont appliqués; quand il renconire dans un enseignement quelqne habitude qui s'éloigne des nôtres, il nous fait assister à la classe même avec lui. 11 a raison, rien n'est important que les derniers détails ; il en est de la circulation de l'instruction dans un pays cimme de la circulation du sang dans notre corps : les frros vaisseaux le laissent passer ; il ne se revivifie que dans les plus petites cellules des poumons et ne nourrit les organes que dans les plus petites branches des artères et des veines.
J.e résumé de tonte l'enquête à laquelle M. Baudouin s'est livré pendant plusieurs mois est que, pour l'enseignement primaire et l'enseignement pmiVssionnel, nous avons bien des ciïorH h faire avant d'atteindre l'Allemagne, surtout l'Allemagne dit nord, dont l'auteur parie ainsi :
■ Lu lialion allcinandr. H'.'rj ilï se» iioinbiviif ?s ci'ulcs. les montre avec une malenidle runiplaisanci? Nulle pari, c:i «tlet, l'instruction
1711 HAPPDAT SU» L'ÉTAT DB L'HNSEIOKBMBNT n'est répandue a ïee autant de preluMim, iSuiuiéc avec aillant rie ilfsintérassement. et dirigée uvec autant de soin. Le plus petit hourea son école primaire ; In plus pclil-' ville smi l'yranase, ses écoloï. bourgeoise et réi'lle. ]i;irl,iiir]Ln'iii urirniiises, .\.>\cn el surveillés En
personnages et les pins grandes dunes lui consacrent leur lern]i<. leur fortune, leur espérience ; les meilleurs écrivains rédigent îles livres pour les jn-lils eTifanl- ; tes poètes mil comprise, pour les le. cons dn fiïranasiiipie et de cluiut, îles pieies ipie les plus Minore; compositeurs u'nnl pris déilnignij de mettre eu musique. Le pcijplrt allemand tout entier jjuriiit convaincu iple s'occuper rie l'Instruction de lu jeunesse, 0 "est rotnplir nta devoir personnel et travailler ù l'avenir du pays. Chacun se fait volontiers instituteur dn peuple ci loutriljoe prmr Fa part nu propres de l'instruction f^nérale. ■
M. Baudouin a donné plusieurs tableaux teint* pour représenter l'élol de l'instruction populaire en Autriche; (tans ces tableau*, les teintes foncées marquent Je meilleur élal de l'instruction, et les plus claires le plus mauvais état; or il est curieux de voir la couleur se dégrader, de province en province, h mesure (pic l'on s'éloigne de l'Allemagne; cela en dit plus que de longs discours. Lorsque, après avoir visité ces pa>s d'Allemagne et de Suisse, florissants (l'instruction, on rentre chez soi, on est modeste et un peu attristé; on éprouverait une profonde douleur si on ne savait combien noire pays va Tilc dès qu'il se met en chemin. M. Baudouin n'est ni plus humble ni plus lier qu'il ne faut, et il termine son travail par celle juste profession ;
ma pmne, si je contribue, même pour ma faible part, ù delruire ces Idées île supérir.riii; uni vers Ile .[ne notre amour-propre natio-
Digilized b/Coogli
depuis lonplomps hiiijitufa ,ï m- Uii-.fi r m-i'Upiir par personne, et ù liniliter une Irons formation scolaire [juo le progrès moderne appelle cl que les conditions nouvelles de la société rendent ilésormais ur-
Je ne puis résister à dire un sentiment que j'ai en tout le temps que j'ai lu le raport de M. Baudouin sur renseignement primaire de l'Allemagne et de In Suisse, J'ciivie à ces pays leurs nombreuses écoles et leurs nombreux écoliers ; mais il y a une chose <|uo je leur envie encore, et qui me touche tout ii fait, c'est ce qu'il y a d'aimable dans leur enseignement, et qu'on voudrait transporter dans le noire; j'en donnerai plusieurs exemples.
Eu voyant les classes allemandes coupées toutes les heures ou tous les trois quarts d'heure par des récréations, on a honte de notre barbarie, qui renferme des enfants dans une classe trois heures de suite, trois heures le matin, trois heures le soir, à un ùgc qui esl ivre de mouvement; et on ne comprend pas qu'on ail pris, pour les SOumcltre it ce régime, précisément les enfants français, qui sont ies plus pot alunis de la création. Je sais ce qu'on répond : « Les enfants ne font pas pendant > tout ce temps la même chose ; ies éludes varient, et » l'une repose de l'autre.» Vous croyez T Ainsi, quand vous étiez au collège, déjà grands, les classes de deux heures n'étaient pas tout ce que vous pouviez supporter, cl vous auriez accepté qu'on y ajoutât une heure, pourvu qu'on y ajoutât un autre travail I Notez que dans
172 bappout .sur l'état de l'enseignement les écoles primaires celle varielé d'exercices dont on parle est souvent en clîet IrËs-maitjuéo, et qu'il y a (les classes où l'on varie tin catéchisme à l'arithmétique ou ii In grammaire. Décidons-nous, je vous prie, à multiplier les récréa lions 1 cl cessons île les regarder connue du temps perdu : quelques instants de relâche, qui rafraîchissent les corps cl les esprits, sont du temps gngne.
l, : !ic fois lu durée île la classe ainsi coupée, il reste n l'employer; les Allemands l'emploient à des exercices bien plus divers que les nôtres. On le sait, renseignement de nos écoles primaires se compose d'une partie obligatoire et d'une partie facultative ; la partie obligatoire comprend l'instruction morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française, le calcul et le système légal des poids el mesures; la partie facultative, pour laquelle il faut une autorisation du Conseil départemental, comprend l'arithmétique appliquée aux opérations pratiques, les éléments d'histoire el de géographie, des notions des science; physiques el d'histoire naturelle applicables aux usages de la vie, des instructions élémentaires sur l'agriculture, l'industrie et l'hygiène, l'arpentage, le nivellement, le dessin linéaire, le clin nt el la gymnastique. On peut assurer que l'enseignement de presque ton les les écoles primaires rte la France est réduil à la partie obligatoire; dans quelques-unes seulement, surtout dans les écoles des villes, il s'est introduit quelques brandies de l'enseignement facultatif, léchant, de l'arithmétique appliquée, de la
1 Voir. ]ihi*i t'iiii. mon uriiL-lo ilf w|iloml>ro IS50.
Diaitizca t y CoojjU.
M. BAUDOUIN 17:î
géographie cl de l'histoire. Nous n'avons pas besoin de recommander le chant, gui jouit de la faveur populaire; mais on admettra que l'arithmétique appliquée, n'est inutile nulle pari, cl que ni l'histoire de France, ni la géographie de la France, avec quelque idée des principales divisions du monde, des grandes mers, des grandes chaînes demontagneset des grands cours d'eau, n'est une science superflue. S'il y a encore des personnes qui regardent le dessin comme un objet de luxe, il j en a d'autres, et Ions les jours en plus grand nombre, qui ne le (lisent plus ; le dessin parait enfin ce qu'il est réellement, un exercice de première nécessité, cl M. Michel Chevalier, dans une séance récente du Sénat, ajustement demandé qu'au lieu do n'être enseigné dans aucune école, il ie fut dans [unies nécessairement. Pour prendre ensemble le reste de renseignement facultatif, songe/, à tout ce qu'il peut fournir, en passant, d'inslructions précieuses, faciles et agréables, et d'opéralions où on se porterai! avec une vive ardeur. Le nouveau projet de loi suc renseignement primaire rend renseignement de l'histoire cl de la géographie obligatoire; c'est un premier pas, que d'autres suivront certainement. Comme je suis assuré que les eufanlsdes écoles primaires ne liront pas le Journal des Débats, je dirai ce que je pense de renseignement qui est donné dans ces écoles : il est abstrait, il est monotone, il est ennuyeux. Il -s'étale dans l'analyse logique. Les esprits qu'il forme excellent;'! manier cet instrument puissant: ils décomposent un discours avec justesse, déterminent cxuctemenl la nature de chaque mot et les rapports que