‹ Morale et politiqueChapitre 36 sur 113 · DE L'ABUS DES CONCOURS · texte numérisé non relu

DE L'ABUS DES CONCOURS

On nous permet de nous préoccuper de l'instruction publique, par une ancienne habitude et un souci de bon citoyen, qui sedit combien celte question est importante; on sait aussi que nous ne sommes pas suspect do mauvais vouloir envers l'administration actuelle ; nous pouvons donc sans crainte indiquer ce qui chez elle nous inspire quelque inquiétude, une disposition » la fois honorable et périlleuse, l'imagination dans le bien. Ainsi en ce moment elle s'est éprise du concours et désirerait l'appliquer partout, ce qui est trop. Voici, en effet, son idéal en partie réalisé, en partie espéré. Dans l'instruction primaire, concours cantonal entre les élèves des écoles communales, concours d'arrondissement entre les lauréats des cantons, concours de département entre les lauréats des arrondissements. On ne parle pas encore d'un concours général entre les lauréats des départements. Dans l'instruction secondaire, concours entre les lycées d'une même académie, concours entre les lycées de tous les départements, concours entre les

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Ivcees de Paris et de Versailles, concoure enlre les lycées de Paris et ceux des départements. Il semble qu'il soit malaisé de pousser le concours plus loin ; mais on a prévenu les lauréats futurs du concours général de 1867, pour Paris et les départements, que leurs travaux, quels qu'ils soient, seront envoyés au comité de l'Exposition universelle, et on invile les autres nations à en faire aulant. Nous ignorons si ces nations accepteront le défi ; en tout cas, il nous semble qu'après cela on sera au bout des concours, à moins qu'on ne mclte à la lûle de l'instruction publique un des philosophes ou des savants qui croient à la pluralité des mondes habités (l'idée est maintenant en faveur), et que les spirites, par un coup de maître, ne nous fassent L'unenir les compositions des lycées de Jupiter, de Saturne, d'Uranus et de la planète Le Verrier, ce qui constituerait en tin une véritable Exposition universelle. Nous comptons qu'arrivé là on s'arrêtera ; jusqu'à ce qu'on j soit arrivé, il manquera toujours quelque chose, un je ne sais quoi, à nos plus vastes concours, et, fussent-ils composés de toutes les nations de la terre, il leur restera un faux air de concours cantonal.

Le concours, tout le monde l'avoue, est un principe d'émulation ; mais cette émulation peu télreplusou moins bien entendue; elle peut, par exemple, exciter les concurrents a perfectionner toutes leurs facultés ensemble, ou à perfectionner une faculté au détriment des autres ; elle peut faire des spécialités ou des hommes; elle peut aussi, au lieu de rester l'émulation entre les élèves, devenir une émulation entre les maîtres, qui, pour obtenir

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