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aux petites réreplions <le In Urine. Imbu des idées lii>érales Je la jeune noblesse, mais royaliste fervent, il vit avec effroi les excès île la Révolution, émigra, fit partie de l'armer îles Princes, ei quand cette armée fut dissoute, sn retira à Stockholm, où il fui admis dans les hussards de la garde du Roi. Il était à Stockholm lorsque Gustave IV fut contraint d'abdiquer, et il observa avec curiosité une cour et un pays dont il aimait plus lard à s'entretenir. Il revint définitivement eu France en 1811. Napoléon ayant, en 1813, réorganisé les gardes nationales, pour rendre toutes [es troupes disponibles, il fui nommé colonel de la garde nationale de Caen, conserva cet emploi sous la Rosi au ration, le quitta aux Ceal- Jours, pour ne pas signer l'Acle additionnel, le reprit après Waterloo,, et fut bientôt nommé, dans l'armée, colonel (iï'lat-major. Elu député du Calvados, il siégea de 181 fi à 1821, et assista comme gentilhomme de h chambre au sacre du roi Charles X. En 1830, il se démit île toutes se; fonctions el se relira, avec de très-modestes, revenus, dans sa propriété de Saint-Vrain.
L'existence n'a pas été facile à ceux de notre nation qui, ayant Age d'homme en 1 789, ont vécu jusqu'à nos jours, s'ils n'ont pas apporté en naissant une conscience complaisante, qui fût aux ordres de la fortune. L'existence île M. le coin le d'Ilautefeuille fut donc tres-bouleverséc par les événements politiques ; les chagrins privés ne lui furent pas non plus épargnés : il a vu tomber tant de monde, lant des siens autour de lui : Heureusement, la Providence, qui l'avait assez éprouvé, lit grâce à ses dernières années ; elle lui prépara dans sa famille
des asiles entre lesquels il se partageait, et où l'on disputai! île respect, de soins el d'affection qui ont charmé et prolonge sa vieillesse.
C'est là que se pressait près delui toute une société, à qui on ne peut rappeler que bien incoin plëlemcnt celui qu'elle a connu. Il a eu cette rare destinée de mourir à quatre- vingt-seize ans, entier de cœur et d'esprit. Son esprit, en effet, n'a pas an moment cessé d'être présent. Il était an courant des affaires publiques, et comme il avait toujours attaché un grand prix aux lettres, il était au courant des ouvrages remarquables qui paraissaient: il se les faisait lire ou les lisait lui-même, il faisait copier ce qa'il avait trouvé de meilleur pour le relire a son aise; aussi sa conversation Était sans cesse nouvelle. Quelque opinion que l'on eilt, on causait sans crainte avec lui; car bien qu'il fût de feu dans ses sentiments, sa politesse était si exquise, qu'il n'usait jamais d'une autorité qui lui eut été naturelle, et au-devant de laquelle tout le monde fût allé, par un juste respect. Mais il y avait chez lui plus que cette politesse dont nous parlons; on sentait un homme qui avait réfléchi, qui avait douté peut-être, qui comprenait combien il est radio a la raison humaine de se tromper, et qu'on peut être dans des convictions contraires avec une loyauté égale. En dehors de ces conversations sérieuses, il était prêt à toute causerie, toujours avenant et aimable, plein de finesse, de bonne grâce et d'enjouement; en vrai Français qu'il était, une bonne conversation lut faisait oublier sou âge et ses main, et lui donnait un jour de vie. Aussi, comme il recherchait ceux qui lui appor-
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latent ce plaisir, el que de grâces il a rendu à noire Emile Deschamps, l'homme excellent, le charmant causeur I N'oublions pas un commerce léger Je petits vers (car nous parlons d'un homme du dix-huitième siècle), eltine correspondance d'un naturel accompli.
De même que son esprit, son cœur a toujours été présent : il n'oubliait rien de ce qui intéressait les personnes qui le visitaient, el rien des attentions qu'elles avaient pour lui- Je ne parle pas des pauvres, qui savent seuls ce qu'il a donné. Sa foi religieuse était profonde; mais il n'entendait pas renoncer aux principes sur lesquels vit la société moderne. En politique, il résistait à tout ce qui élait excessif; mais on comprend qu'entre l'excès de la liberté et l'excès de l'autorité il penchât vers le second parti : il était dominé par les souvenirs de sa jeunesse; il avait vu la Terreur et ne voulait plus fa revoir. Du reste, sa nature n'était pas celle d'un politique contemplatif; il était prêt à paver de sa personne : lorsque en 1848 (il n'avait alors que soixante-dix-huit ans), il apprit que la poudrerie du Bouche t, proche de Saint-Vrain, était menacée, il prit son fusil de chasse et marcha au danger avec son Mis.
Luge lui avait dlé la force sans lui nier l'ardeur : il élait tout vivant, dans ce lit et ce fauteuil où se passait désormais son existence; il ne voyageait plus que de Paris à Versailles, et chaque printemps nous le ramenait. H aimait Versailles, où l'on est plus près qu'il Paris les uns des autres, el où l'on croit sentir qu'on tient plus de place dans l'existence de ses amis. J'ai en l'honneur tiel'j voir souvent dons ces dernières année*.
M. LE COUTE D'HAUTEFEUILLK 22B
Lecteur assidu du Journal des Débats, il avait bien voulu remarquer ce qu'il y avait de sincérité et de modération dans les écrits d'un de ses plus humbles rédacteurs; il sembliiit prendre ii tâche de répare] 1 , par la vivacité de son affection, le temps que j'avais perdu à ne pas le connaître, et celle haute amitié m'était un encouragement 4 1 1 1 ï me manquera.
point oublié. Il était prêt : il savait que la durée de sa vie était exceptionnelle, qu'il n'avait plus depuis longtemps déjà que des joins de grâce, et qu'il ne devait pas compter qu'il en serait ajouté un grand nombre à ceuxlà : aussi il acceptait aiec reconnaissance ceux qui lui étaient donnés, et il attendait sa lin prochaine avec fermeté. Quand la mort est venue, il a bien compris que c'était elle et n'a pas détourné les \cux; il l'a remerciée d'être douce envers lui, en lui épargnant les grandes souffrances, ci en lui permettant de prendre congé de ceux qu'il avait aimés. Ses dernières journées, dont on a pieusement noté le souvenir, sont des plus louchantes: une clairvoyance complète, une parfaite sérénité, et la simplicité pareille, pas une plainte, pas un spectacle; quand on essaie de le tromper sur sonélat, des réponses
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ne convienne à la dignité de la mort, avec le calme d'un sage qui sait ce que vaut la vie, qui n'estime de la terre que les bons cœurs qu'il y a rencontrés, et qui va ai Meurs les retrouver ou les attendre.
lille disparaît tous les jours cette génération qui a fatl les L'raudcs guerres et vu la grande Révolution;