‹ Morale et politiqueChapitre 57 sur 113 · EN MAI · texte numérisé non relu

EN MAI

Arcaclion aussi prépare son Exposition universelle, >|ui sera maritime, naturellement : il exposera tout ce (|i]'il pourra réunir îles animaux et des végétaux i|ui peuplent la mer, cl présentera une collcrtion des instruments de pèche de tous les pays; un aquarium, plus grand que celui du Jardin d'Acclimatation de Taris, et dont l'eau et les habitants seront fort aisément renouvelés, permettra de voir librement le inonde étrange du fond des eaux, ces fantastiques zoophjti's, qui sont les Heurs de la mer. Nous espérons bien qu'on y verra la fameuse pieuvre qui a fait tant de bruit; on pourrait toujours la mettre sur le programme. Uc belles souscriptions officielles, jointes aux souscriptions particulières de la Société qui a formé l'entreprise, permettent d'assurer que le projet s'exécutera.

Voilà donc ce que verront les étrangers qui nrtivcionl au 1" juillet, et il y a de quoi les tenter ; mais, le diraije? oui, je le dirai, bien bas, de peur qu'on ne m'écoule, la vraie saison de ce pays est le printemps ; ces lieux où

tout le monde va sont charmants quand il n'y a personne; alors ou s'y promène, on y respire à l'aise, on les possède a soi tout seul ; il est vrai qu'il faut se contenter des feuilles nouvelles, des lieu relies des champs, des genêts el des ajoncs en (leur ; mais il est vrai aussi que ces gcnfls el ces ajoncs sont splendides et qu'au soleil ils éclatent comme des gerbes d'artifice. La description Je ces plaisirs si simples effraiera probablement un certain nombre de lecteurs ; pourtant c'est quelque chose d'uvoir la solitude quand on veut, cl quand on veut une tranquille intimité : on pourrait aussi ajouter à la musique des oiseaux un peu de la musique des vieux maîtres, qui ont chante comme eus, par instinct, pour dire leurs joies et leurs désire, non pour faire de l'effet sur le publie el occuper les journaux.

f,e printemps csl peu connu. Nous ne parlons pas des paysans, qui le voient assez, mais qui sont sans doute moins louches de ses merveilles, parce que le sentiment qu'elles foui naître s'affaiblit par l'usage ; nous [tarions du reste de la nation. Los fonctionnaires, qui en sont une partie considérable, le barreau, les collégiens et les étudiants ne commissent guère que l'automne, le temps îles vacances: les gens d'affaires n'ont le loisir deqnillcr leurs comptoirs et la Bourse qu'à la chaude saison des eaux; les journaliste? attendent, pour partir, que les Chambres soient fermées, les gens de lettres, que la saison littéraire soit finie: tout cela nous conduit assez loin. La société mondaine des femmes qui échangent l'existence agitée de Paris et des villes contre l'existence plus calme de la campagne, celle société est peut-cire

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