‹ Morale et politiqueChapitre 61 sur 113 · HBHRI ROCHKFOBT 2B · texte numérisé non relu

HBHRI ROCHKFOBT 2B

le confesserai, puisque je suis en veine d'optimisme et disposé, moi aussi, ii acquitter tout le monde, il me semble qu'on dédaigne injustement chez nous lelsou tels de nos romanciers, parce qu'ils sont médiocres. Ils ont leur usage : après avoir fait plaisir aux abonnés de plusieurs journaux, ils passent ù l'étranger, où ils entreliennenl la tradition de la supériorité française. Quiconque a un peu voyagé avouera que si nous étions réduits à nos classiques immortels et à des romanciers comme Alfred de Musset, Mérimée et George Sand, ou à quelques fins artistes de celle époque, nous ferions une assez triste figure ii l'étranger; on ne soupçonne pas quels sont les articles les plus demandés pour l'exportation littéraire, et ce que nous avons de grands hommes ertrd muros : a Pauvre bomme en deçà îles Pyrénées, grand homme au delà! » Après tout, ces écrivains ne manquent pas d'habileté pour fabriquer un roman, enchevêtrer des incidents, compliquer des situations, ce uni passe aisément dans toutes les langues, et, à vrai dire, leurs livres n'ont qu'un seul tort, le tort de laisser

Ce n'est pas ici le lieu de dire du mal do la grande littérature, des grands journaux : ils parlent bien de ce dont ils parlent, mais ils ne parlent pas de tout ; il y a des choses qui ne s'aperçoivent pas du premier étage, et qui ne se voient comme il faut qu'au rez-de-chaussée. Si on ne lisait que les colonnes d'en haut delà haute presse, il y a toute unesoriété dont on n'aurait pas l'idée, qui existe pourtant: on apprend ailleurs à connaître le demi-monde féminin, le demi-monde littéraire, la Jeu-

Page 1