ÉTUDES SUR LA LITTÉRATURE CONTEMPORAINE
générale, on lui reconnaît quelque mérite qui) lesaulres n'ont pas, cl il y a telle métaphysique qui es! Je la plus line politique. En somme, celui qui ilésirc vivre tranquille fait bien de ne loucher à rien ; s'il est décidé à se compromettre, eh bien] qu'il s'attaque aux principes ceriains; mais, s'il s'attaque aux autres, qu'il renonce à la paix pour le reste de ses jours.
Peu d'entre nous s'y exposent. l,a sagesse de la nation dit il chacun de nous : • Il faut être comme tout le monde; * et quand on n entendu répéter cela depuis sa plus tendre enfance, on s'accoutume aisément a croire qu'à l'extérieur et à l'intérieur, dans nos sentiments et nos pensées comme dans nos vêlements, nous devons nous soumettre à la régie établie, et que le but de la vie est de réaliser autant que possible en nous le Français
plus quand on désire quelque distinction publique. Or. \ a-l-ii beaucoup de Tram ais qui ne désirent pas quelqu'une de ces distinctions? yui de nous n'esl pas candidat ? liais, même sans cela, nous sommes si sociables que nous cherchons naturellement à nous mettre eu harmonie avec ceux qui nous entourent, ei que, pour ne pas les blesser, nous émonssons bien des angles de nos espi ils, c'esl-à dire que nous retranchons de nos opinions précisément ce qu'il y a de nous.
Voilà bien, ce nous semble, comment les choses se passeni d'ordinaire. Oui, mais tant de concessions n'ont pas lieu sans qu'on s'avoue intérieurement qu'elles ont à la lin quelque danger, cl que la vêiïlé peut souffrirde ces ménagements inlinis. De là, chez plus d'un esprit
sincère, un secret plaisir, quand d'autres font ce qu'il ne fait pas, et, pensant hardiment, osenldire tout ce qu'ils pensent. Aux esprits sincères se sont joints les esprits que la nouveauté amuse, et le succès est aux témérités. Il y a même à faire une remarque importante, c'est que si l'on se permet d'être hardi, il ne faut pas l'être une seule fois, mais toujours. Une hardiesse unique s'attache au souvenir d'un homme el marque son nom; s'ii s'en permet plusieurs, l'une couvre l'autre, el toutes ensemble caractérisent un esprit original ; nous en connaissons à qui cette lactique a valu la réputation d'hommes forts, qui est le plus bel éloge auquel un écrivain puisse aspirer. Dans ce temps positif, loul ee qui n'est qu'un princijM! est discutable, et un auteur no peut guère se déconsidérer que par une erreur de géographie.
Urace à Dieu, il y a encore ici des hommes qui écrivent naïvement, sans songer à étonner le public élu le gagner par là; M. Sclicrcr est de ce nombre. Nous ne nous engageons pas, il s'en faut, à approuver toutes leurs opinions; mais ils ont donné un bon exemple: après eux, on regardera la vérité plus on face.
(Octobre \wr..