GALERIE DES ACADÉMICIENS
M. G. Vattier publie, à In librairie Aimot. une Galerie drs Acndhnicirns, dont nous avons les trois premières séries Ces études ont paru dans lu Correspondance littéraire, et elles ont été Irès-rcmarquées dans un recueil oii écrivaient MM. Ludovic Lulanne, Laurent Picliat el li. Servois. On n'alteiui pus de nous i|ue nous reprenions tons les hommes jugés ici. pour les jugera noire tour; mais si nous aimons peu à faire la critique des vivants, nous aimons beaucoup à la lire, et le publie est probablement comme nous. Lorsque Pigalle vint à Ferney pour sculpter Voltaire, et que les gens du pays le virent déballer ses instruments, ils se disaient les un> aux antres, .i ce que Voltaire écrit : « Tiens, liens, on va le disséquer; ce sera drôle ! » Nous sunmes tous un
1 Elles comprennent MM. Suime-Reuve. Urrinuto, Ponwtfd, Saint- Mbit Girardin. Michels. Ingres, clo Vipnv, Lopoim"'. Fenilloi. Hrul(\ Cousin, Hument. ■ ]•■ Snrv. -In Mniiliilemlirrl, S«li'lr3tl, Virniwt, Rouan.
peu des gens de ce pays-là. Halons-nous de provenir les lecteurs qu'ils risqueront de se tromper sur les inten- Lionsde M. Vatticr, comme les habitants rte Ferrie; se trompèrent sur les intentions de Pîgalle; M, Vatiier, lui aussi, prétend sculpter et non disséquer : reste à savoir s'il a saisi ou non ses modèles.
La lecture de ces pelils volumes présente un autre intérêt ; H. Vatiier a rencontré des académiciens de tous les âges, il a pu suivre les aventures de la poésie entre M. Viennel et M. I.cgouvé ou M. Ponsard, et les variations du roman entre M. Mérimée et M. Sandenu ou M. Feuillet, et même, en étudiant un seul romancier, observer les changements qu'ont apportés en lui les années;. aussi, ce ne sont pas uniquement les liommes qui passent devant nous, ce sout, avec les hommes, les générations et leurs gonis dominants, c'est ce mobile public français, à qui il faut plaire a son heure.
Il serait difficile de ranger 11. Val lier dans une école: point de physiologie, de biographie, que l'indispensable, guère d'histoire et peu de dogmatisme. Il a des principes, mais très-larges , il petite qu'il y a un art et un style, mais que l'art et le slyle ont plus d'une forme -, il pense qu'il y a un cœur humain, mais plus varié que souvent on ne se l'imagine; c'estun homme <icgoùt qui rend raison de son goût. Sa rriliquc ressemble par là à celle qui se fait dans le monde ; comme celle du monde aussi, elle est élégante et sévère. Nous faisons nos réserves sur un bon nombre de ses ronrlusiims ; mais il a,
par exemple, de M . de Sacj : « Aimer les choses dont