‹ Morale et politiqueChapitre 89 sur 113 · LA PRESSE DANS LES DÉPARTEMENTS · texte numérisé non relu

LA PRESSE DANS LES DÉPARTEMENTS

lorsque, lui, il travaille pour celle-là. Que les gouvernements se le persuadent bien : personne ne saurait leur faire aillant de mal qu'eux-mêmes; les plus violentes invectives ne peuvent rien contre eux, au prix de ce que peuvent leurs propres faut es .Quand tout le inonde se tait, leurs fautes parlent, et on les entend d'autant mieux que tout le monde se tait. Voltaire assure qu'il adressait cette prière a Dieu tous les matins :* Mon Dieu, faites que mes ennemis fassent des sotiises! «S'il existe des oppositions acharnées, nous leur conseillons la prière de Voltaire.

Nous voudrions convaincre le gouvernement qu'une bonne liberté de la presse n'esl pas seulement notre avantage, que c'est aussi le sien.

D'abord, s'il se plaint que l'Opposition soil intéressante, qu'il n'en accuse que lui ; ce qui rend l'Opposition intéressante, c'est l'inégalité du combat, du faible contre le fort. Donc, qu'il rende ce eombal égal, et l'intérêt sera égal, ou plutôt il n'y aura plus qu'uuediscussion où la saine partie du public ne s'intéressera qu'à la vérité-

Puis, quand on examine toutes les circonstances actuelles, on voit qu'elles sont justement celles qui appellent une réforme libérale de la presse . A mesure que les origines d'un gouvernement s'éloignent, elles s'oublient et, bonnes ou mauvaises, au bout de quelque temps il ne resle plus que bien peu de personnes qui en aient le souvenir présent, et qui gardent l'enthousiasme ou la colère des premiers jours. Ainsi, à un moment, il est dégagé de se.' origines et maître de ses démarches ; c'est aussi le moment de consulter avec lui même, pour savoir quelle

Page 1