‹ Morale et progrèsChapitre 100 sur 199 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

cal qui a fait fortune... L'eflfet produit sur une nation par tout changement considerable est ainsi un effet do multiplication et d'accumulation. Ge changement agit avec son maximum de force sur quelques individus bien prepares par leur organisation a le ressentir; il semble avoir chez eux des resultats. favorables et seduisants; alors on copie dc tons cdtds les habitudes qui out produit ces resultats. C'est, si je ne me trompe^ par ce proc6d6 simple, bienqu'uri pen detourne, que Ton voit gSn^ralement se produire le progres ou la decadence. »

Sanson faire des applications au developpement des nations, Malebranche S dans le second livre de la Recherche de la vdrite, ou il traite de la communication eontagieuse des imaginations fortes, n'avait pas moins bien signale les effets et rinfluence de Timitation. « Tons les hommes, dit-il, ont une certaine disposition du cerveau qui les porte naturellement k se composer de la memo maniere que quelques-uns de ceux avec lesquels ils vivent. » II d6crit Tempire des imaginations fortes sur celles qui sont faibles, la force d'impression des parents sur les enfants, force si grando. cpi'elle agit non-seulement sur leur imagination, mais sur certaines parties de leur corps :

1. Nous poumons remonter jusqu'a Aristote qui a dit quo I'homme 6tait le plus imitateur des animaax.

168 MORALE ET PROGRfeS

(1 Un jeune garcon marche, parle et fait les m^mes gestes que son pere. Une fille de meme s'habiUe comme samere, marchecommeelle, parle eomme elle. » Telle est en general Tinfluence des superieurs sur les infSrieurs, des gens de cour siir ceux qui les environnenU « Si Alexandre penche la tete, ses courtisans penchent la t^te. Si Denis le Tyran s'applique k la geom6trie a Tarriv^e de Platon dans Syracuse, la g6om6trie devient aussit6t a la mode, et le palais de ce roi, dit Plutarque, se remplit incontinent de poussiere par le grand nombre de ceux qui tracent des figures. »

Sans doute on dira que ce qui est acquis par rimitation pourra se transmettre ulterieurement parTh^redite, mais il n'en est pas moins vrai quo cette cause, agissant sans cesse, apporte sans cesse de nouveaux elements qui ne derivent pas primitivement de I'heredit^. Ne sommes-nous done pas en droit de conclure que, meme dans cos dispositions, ces aptitudes, ces tendances, ces manieres qui, au premier abord, peuvent sembler h6reditaires, il y a une grande part a faire a cette imitation naturelle et inconsciente qui, avec Teducation, commence des le berceau et imprime de si profpndes empreintes sur chaque individu.

. Enfin, parmi toutes ces causes 6trangeres doiil r^nergie s'oppose a Theredite, nous n'avons garde

d'oublier la premiere de toutes, la liberty on la.

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