CHAPITRE HUITIEME
personnalit6, le facteur personnel, comme disent aujourd'hui quelques positivistes auxquels repugne le mot de liberty. La liberty, ce ressort int6rieur si 6nergique conlre toutes les influences du dehors, y compris les influences physiologiquesy voilk la grande cause perturbatrice des effets pr6tendus ou r6els de rh6r6dite ; voila ce qui dejoue sans cesse les calculs et les theories de ceux qui pretendent la suivre, pour ainsi dire, k la trace dans leurs tableaux genealogiques. C'est par la liberty que devient maiivais celui qui 6tait ne bon et issu de gens de bien; c'est par elle que devient bon cehii qui, comme Socrate, 6tait Ti6 avec de mauvais penchants.' Ainsi arrive-t-il que le plus souvent, quoi que pretendent les auteurs de statistiques en faveur de rh6r6dit6, le fils ne ressemble a son pere ni en bien, ni m^me en mal. Moins la liberty est d6veloppee et plus il y a de place pour Taction de rh6redit6. Elle est plus grande dans Tanimal que dans Fhomme; des parents apprivois6s enfantent des petits d'une nature moins farouche et moins sauvage. La domesticite, avec certaines qualit6s acquises, se transmet chez les animaux parrh6r6dit6. Tout le monde connait le vieux proverbe : Bon chien chasse de -race. Si ce proverbe est plus souvent en defaut -quand il s'agit des homilies que quand il s'agit des chiens, c'est a cause de la liberty.
170 MORALE ET PROGRBS
Parmi les homines, ce sont les moins developpes qui recoivent et qui gardent le mieux Tempreinte de Th^redit^. La oil elle existele moins, c'est Ik precisement ou on pretend nous la faire voir, c'est-a-dirc dans ceux qui s'61event du milieu de la foule par leurs talents ou leur caractere. Plus Tindividualite est forte, plus Toriginalite est grande, et plus se perdent les traces de J'heredite. Le genie, comme la vertu, est tout ce qu'il y a de plus personnel, de plus original, de plus singulier au monde et, en consequence, de plus en dehors de rh6r6dit6.
Done, si nous admettons une certaine heredite physiologique, nous n'admettons qu'a un beaucoup moindre degr6 une heredite morale ou psychologique. La seconde sans doute se rattache a la premiere, en vertu des rapports du physique et dii moral, mais elle n'est pas en proportion avec elle, soit parce que. les faeult6s'intellectuelles et morales sont dans une dependance moins directe des organes sur lesquels rh6r6dit6 physiologique ale plus de prise, soit parce que, dans Tordre moral, d'autres causes, comme nous venons dqje dire, centre -balancent rh6r6dit6.
La part faite des coincidences fortuites, de Teducation, de Timitation, de la liberte, qui agisseut en sens contraire de rh6r6dit6, au en simulent faussement Tapparence, que reste-t-il