CHAPITRE. HUITlfeME
pour rii6r6dit6? Sans pr^tendre determiner ceile part d'une maniere absolue, nous nous bornerons k dire hardiment que, quelle qu'elle soit dans la r6alit6, et non dans les systemes de physiologie positiviste, elle n'est pas assez grande, sauf certains cas de tfiratologie, pour empecher le jeu de la spontaneity et de la liberty, et pour ne pas nous laisser la responsabilite du bien et du mal que nous ferons un jour.
NuUe transmission de sang ni de fluide nerveux, nul tissu connectif, comme dit M. Bagehot, ne se pent done substituer aux principes sur lesquels nous avons fait reposer la civilisation et le progres, c'est-Ji-dire a notre activity propre, k notre intelligence et k notre liberty, r6gl6es et contenues par le sentiment du devoir.
Suivant Auguste Comte, le d6 veloppement graduel de Thumanite tendrait k determiner constamment, et r6aliserait en eflfet, k un certain degr^, une preponderance croissante des plus nobles penchants de notre nature. « Quoique les plus mauvais instincts continuent necessairement k subsister, en modifiant seulement leurs manifestations, cependant un exercice moins soutenu et plus comprim6 finit certainement par les faire concourir involontairement au maintien de la bonne economic sociale, surtout dans les organismes pen pro-
nonc6s qui constituent I'immense majorite *. » A notre avis, il serait bien imprudent de se reposer sur cette preponderance croissante des no^ bles penchants de notre nature, alors surtout qu'on avoue que les mauvais instincts subsistent et ne font que se modifier dans leurs manifestations. Ce serait compter sans le retour de ces temps de crise individuelle et sociale ouilsfont en quelque sorte explosion, 6tant moins contenus et moins comprim^s ; ce serait compter sans les retours.au type primitif, semblables k des cas d'atavisme, c'est-a-dire a la barbaric, dans les individus et dans les peuples, dont le monde moderne a vu de si terribles et de si nombreux exemples. '
Que faut-il done attribuer a rh6redit6, et que faut-il attribuer k I'imitation, k I'iducation, ou a d'autres causes? C'est Ik encore une bien vieille question, car Euripide la place dans la bbuche d'H6cube. Comment se fait-il, dit H6cube, que toujours le mechant soit mechant, et que toujours le bon soit bon, meme au milieu de Tinfortune? Cela vient-il des parents qui leur donnent le jour ou de Teducation ^ ?
Nous repondons que, sauf les cas extraordinaires de 16sions organiques profohdes, sauf les