CHAPITRE HUITIEMK n
cas de teratologie, la cause principale, predominante, est la libert6. Dans Fordre psychologique, loin d'etre la regie et la loi, rh6r6dit6 n'est que Texception ^; A supposer qu'il en fut autrement, on pourrait demander ce qui en resulterait en bien ou en mal pour rhumanit6 et pour la civilisation. Force indifferente entre le bien et le mal, rb6r6dite, si'elle 6tait seule maitresse, fixerait Tun aussi bien que rautre dans le sang des generations humaines. Elle consacrerait toutes les iil6galit6s de races et de castes; elle interdirait aux races inf^rieures toute possibility de s'61ever et de s'affranchir. En prenant les choses pour le mieux, et en faisant memo abstraction de la perte de notre dignite par la perte de notre libert6, elle maintiendrait tout au plus le statu quo dans le monde, sans nul espoir de progres, ou plutdt avec la certitude d'une degeneration continue, le mal faisant echec au bien, s'enracinant, s'accumulant plus facilement et plus profondement que le bien dans ce fluide nerveux qui, selon M. Bagehot, circule a travers les generations.
Nous n'avons pas a redouter de scmblables consequences, Theredite, au moins dans Tordre
1. Voir article de M. Papillon sur rh6r6dit^ dans la Bevue dcs DeuX'MondeSf 1873.
174 MORALE KT PROGRfeS
moral, n'^iantpas la loi et la regie, mais seuleme&t I'exception *. Done il n'y a pas un d6terminisme physiologique qui s'oppose au progres, ou par lequel le progres s'opere ind^pendamment de nous. Le progres, avec toutes ses conditions, de* meure anotre chai'ge, et sous notre responsabilitS, malgrS la part qui peut etre iSgitimement faite k rher6dit6 dans Tordre physiologique et meme dans Tordre moral.
1. Voir dans \e Journal des savants de Janvier 1874 I'article de M. Caro sur 1 h^r^dit^.