‹ Morale et progrèsChapitre 105 sur 199 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

Examinons done s'il pciit en efFet'venir un jour^ quelque 61oign6 qu'on le suppose, ou, par suite des perfectionnements de la civilisation, la vertu sera de mil emploi et chose superflue, sinon dangereuse, en ce monde. Mais d'abord montrons, par quelques citations, les 6tranges illusions de ces philosoplies, ouplutAt de ces r^veurs.qui, pour avoir une trop grahde foi dans les vertus de la science et dans Tefficacit^ du m6canisme social, ont imaging que la suppression memo de la morale 6tait le dernier terme du progres moral et social. Le ][)rincipal promoteur de la querelle des anciens et des modernes k la fin du xvn® siecle, Charles Perrault, tfa pas eu moins de foi h un progres incessant de la morale qu'a un progres incessant des beaux-arts. « Le genre humain, dit-il, doit^tre consid6re comme un seul hdmme 6ternel, en sorte que la vie de Thumanitfi, comme la vie de Thomme,' a son enfance et sa jeiiriesse ; qu'elle a actuellement sa virilit6, maid qCi'elle n'aura pas de declin etquebette loi d'un incessant progres est vraie et dfimontrable, rion-seulement pour les sciences exacted ou d' observation «t pour Tindustrie ou la politique, mais m^me poUr la morale ou pour Tart*. »

Qu'arrivera-f-il de ce progres continu de la

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