‹ Morale et progrèsChapitre 115 sur 199 · Terre et del. Terre · texte numérisé non relu

Terre et del. Terre

minute vers sa catastrophe finale, la mort '? » Ceci mfeme est remarquable qu'entre tons les autres maux, ce grand mal, ce mal sans remede de la mort, loin de diminuer et de s'adoucir, semble au contraire, par une sorte de compensation entre les heureux et les malheureux de ce monde, entre les sauvages et les civilises, se faire plus vivement sentir, k mesure que la securite et le bienetre augmentent^ a mesure que la vie devient plus douce. Ou se trouve a son plus hautdegr^Tinsouciance, Tinsensibilite en face de la mort, meme la plus cruelle, sinon chez les tribus sauvages, et chez les populations les plus barbares et les plus malheureuses? L^, ce n'est, a ce qu'il semble, pour personna une grande affaire de mourir ; on donne la mort et on la recoit avec la meme facilite, la meme indifference. Plus la vie est dure, mis6rable, incertaine, plus le sacrifice en est facile; plus

1. Cows familier de liiterature, 3« entretieu. Peut-^lre Lamarline m^rite-t-il d'ailleurs le reproclie de decouragemeut que lui adresse M. Vacherot dans son article sur le progrea {E.9sais critiques). En effet, par une exag6ration en sens contraire, il n'admet pas m^me le progr^s dans les id6es, mais seulenient dans quelques industries purement m6caniques « qui changent le mode d'une civilisation sans en changer le fond. » II conclut cependant avec sagesse, suivant nous, queTinstinct de perfectionnement, qu'il regarde comme naturel, n'est nullement une deception, s'il s'agit d'une amelioration relative, locale, temporaire. « Le progrfes indefini et continu est une chimfere dementie partout par I'histoire comme par la nature, mais le perfectionnement relatif. local, teniporaire, est attestf^ comme une v6rit^. »

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