‹ Morale et progrèsChapitre 116 sur 199 · CHAPITRE NEUVlfiME 19u · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVlfiME 19u

elle est douce, au contraire, et plus devient forte rattache qui nous y retienl, de meme que le r^veil est penible -quaud le songe 6tait agreable, et agr^able, au contraire, quand le songe 6tait penible.

Aussi quelle v^rite, quel terrible dementi h tous les reves les plus ingenieux d un bonheur parfait, dans cette profonde et m6laneolique pens6e de La Bruyere : « Si la vie est miserable, elle estp^nible a supporter; si elle est heureuse, ilest horrible de la perdre * . »

Bacon recommande aux medecins la recherche de Tcuthanasie, c*est-a-dire des moyens de rendre la mort douce et sans douleur *. Je ne crois guere a ces morts exemptes de douleur; mais,meme en admettant la possibilite d'une euthanasie physique, d^une sorte de nepenthes, par les progres de la chimie, de la medecine et de Fanesth^sie, il faut bien au moins convenir que Teuthanasie morale est absolument impossible ; si on est conrageux et sage, on se consolera, je le vaux bien, de mourir soi-m6me ; mais comment se consoler de perdre ceux qu'on aime? Ce que dit TEcriture de la mere qui ne pent se consoler parce que ses enfants ne sont plus : Noluit co?isolari quia non

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