‹ Morale et progrèsChapitre 117 sur 199 · De Augmentis anientiwum, lib. IV, cnp. If · texte numérisé non relu

De Augmentis anientiwum, lib. IV, cnp. If

simt, est vrai do lous les temps, de tous les lieux et de tous les coeurs. A celui qui reste, comme k celui qui s'en va, la douleur des absences pour toujours, des separations 6ternelles, n'oflfrira-t-elle done pas une ample matiere au courage, a la force morale, au sacrifice? Or cette douleur subsistera tout autant que le coeur humain, tout autant que la mort, c'est-a-dire tout autant que Thumanite ellememe. Eiit-on trouve, comme le dit tres-bien J. Reynaud, 1b secret de n'avoir plus de sueurs a verser, nous sommes nece^sairement condamn6s a verser des larmes *.

D'ailleurs, a mesure que la vie est plus exempte des,soucismateriels,des miseres et des douleurs physiques, les douleurs morales ne deviennentelles pas aussi plus sensibles et plus durables? La sensibilite nerveuse augmente, dit Hartmann non sans v6rite, avec la civilisation. Plus s'adoucit et se relache la dure necessite de travailler pour vivre, plus la diminution des besoins imperieux de la vie materielle, des genes et des souflFrances de la misere, nous laisse de loisir et de liberty d'esprit, etplus notre attention comme aussi noire imagination se reportent sur les souffrances de TAme et plus vivement nous les ressentons.

1. Voir les sages et fortes reflexions de M. Franck contre la chiin^re du progr^s ind^fini, dans Tarticle Progres du Dietiotinaire des sciejices philosophiques.

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