‹ Morale et progrèsChapitre 118 sur 199 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

Ainsi en est-il de toute douleur, de toute peine qui nous survient au sein de la prosp6rit6 ; elle est plus en saillie , elle se fait plus durement sentir. Massillon, qui connaissait bien le coerur humain, a dit : « La prosperite nous endurcit au plaisir, et ne nous laisse de sensibilite que pour la peine *. » Enfin il y a en nous des desirs, des passions, des convoitises qu'il faudra toujours dominer, pour les contenir en de. justes limites, pour les empecher de nuire k nous-mtoes et aux autres. Les desirs des pecheurs, comme dit TEcrittire, ne periront pas. Quand il serait vrai que Taecroissement et une repartition meilleure des richesses auront pour effet de supprimer les tentations de la misere,bien d'autres tentations subsisteront encore dans les coeurs. Combien qui neseront jamais contents de leur lot et de leur place au soleil 1 H61as ! elle n'existera jamais, cette cit6 id6ale, si noblement reveepar le P. Gratry, ou tons s'aimeront les uns les autres ^ ? Comme Ta dit Moliere :

Les envieux mourront, mais non jamais Tenvie 3.

. De meme ne mourront pas Tambition, la haine, la concupiscence. II y aura toujours des yeux

4. Petit Car^mcy Sermon sur le malheurdes grands qui abandonnent Dieu.

2. Voir sur cette cit6 id^ale les Souvenirs dejeunesse, p. 124, et la plupart de ses ouvrages et de ses.discours.

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