‹ Morale et progrèsChapitre 121 sur 199 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Retour,sur la distinction de r616ment intellectuel et de r616ment moral. ^ Theories qui 61iminent I'^l^ment moreil dans les pregrds de la civilisation. — Thomas Buckle et VHistoire de la civilisation en Angleterre. — Buckle et M. Littr6. — Analyse de la doctrine de Buckle sur le progr^s social. — Negation de

. Tinfluence de r616ment moral. — Immobility et st6rjlite. — Pr6tendu 5/a^ ^Mo des idees morales. — Mobilit6, f6condit6 de r^lement intellectuel. — L*616ment moral pernicieux pour la soci6t6. — L'homme honn^te et ignorant plus dangereux

. que rhonmie malhonn^te et 6clair6. — A quelle cause est due la diminution des deux fl6aux de la guerre et des persecutions religieuses. — Critique de'la doctrine de Buckle* — Influence 8up6rieure de r616ment moral. — Guizot oppos6 h. Buckle. — L'616ment moral, indispensable soutien de la civilisation. — Sans cet 616ment, nuUe 80ci6t6 ne pent subeister.

Continiions do conibattre Ics historiens, les economistes, les philosophes positivistes qui ont m6connu le r61e essential de r61ement moral dans le progres des soci6t6s humaines. Apres ceux qui ont cru que le dernier effot du progres social serai t de rendre un jour la vertu inutile, nous avons -encore k r6pandre a ceux qui, d^s aujour-

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d'hui, daiis le temps pr6sent, de meme que dans I'avenir, semblent vouloir Texclure, comma chose inutile ou meme dangereuse, de tout concours a TcemTe du progres et de la civilisation, pour n'y donner place qu'a r616ment intellectuel.

En analysant rid6e complexe du progres, nous avons eu pour but principal de faire cesser toiite confusion entre Tel^ment intellectuel et Telement moral, de marquer avec precision la diversite de leur nature, de leur contenu, de leur r61e, comme aussi la necessite de leur concours, dans Tceuvre de la civilisation et du progres. Nous avons vn combien vaste etait la comprehension de r616ment intellectuel, comment il allait toujours s'enrichissant de materiaux qui s'ajoutent et se transmettent, sans qu'il soit n6cessaire d'y faire intervenir aucune autre loi particuliere que la constitution meme de Tesprit humain.

Si on place ces deux elements en face Tun de Tautre, il pent en effet paraitre, du moins a qui juge les choses par le dehors et s'arrete k la surface, que ce parallele n'est pas avantageux k reiement moral. Purete et droiture de la volonte, force morale, vertu, voila en quoi consiste tout relement moral precisement pris. Or, n'est-ce pas la, a ce qu*il semble, bien pen de chose en comparaison des richesses accuniulees et toujours croissantes de Tel^ment intellectuel? Gependant,

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