CHAPITRE D1X1£:ME
cussions, et m^me cause quelque scandale^n Angleterre et en !l^cojSse. M. de Tocqueville, dans sa correspondance, dit que Buckle « est un inconnu qui passe k TiStat de lion' * , »
En France, Vffistoire de la ciUlisation en Angles terre est connue par une traduction, par des analyses, par les critiques, d'un grand interet,.de MM. Maury et fitienne ^. Le P. Gratry n'a consacr6 qu'une note h Buckle, mais cette note, 6tendue, vive, penetrante, va au fond de la doctrine ^ M. Littre lui-menae a fait aussi une critique de Buckle * oft il a le tort de laisser de cdt6 ce qui est essentiel dans la doctrine de Buckle, a savoir la negation de I'influence sociale de T^l^ment moral, ainsi que le determinisme qui s'y rattache 6troitement, pour s'arreter k des details, k ce qui n'est qu'accessoire et d*un int6ret tres-secondaire. II est vrai que rillustre positiviste francais ne pouvait pas soumettre a une critique bien severe des principes qui sont les siens. Par centre, il cherche querelle aii positiviste anglais sur ce qu'il appelle ses opinions
\. Tom. II, p. 448.
2. Voir, dans la Revue des Deux-Mondes du 15 mars 1868, 1'article de M. fitienne mtitul6: le Positivisme en histoirc.
3. La Morale et la lot de I'histoirej 2 vol. in-8, 1868. La note est au 2« chapitre du l^r volume.
4. De la Science au point de vue pkilosophigue, fragment intitule : la Civilisation d'aprds Buckle, in-8, Didier, 1873.
theologiqiies, quoiqu'elles n'aient qu uue place bien insignifiante, et meme, a ce qu'il semble, de pure biens6ance, dans cette th^orie purement empirique de la civilisation et du progres. II est arrive a Buckle de parler d'une Providence, bien qu'il n'adipette qu'un ordre immuoble, et qji'il 6te touto influence a la religion, qui, suivant lui, n'est pas une cause, mais up effet de T^tat moral des peuples : cela suffit pour que M. Littre prenne Talarme et Taccuse s6verement d'etre sorti de la science et de Texp^rience. Aussi lejuge-t-il bien'inferxeur ^ Auguste Corate *, en quoi nous sommes de son avis, mais pour de tout autres raisons. Quoique Buckle soit un historien d un ordre supex'ieur, cependant Auguste Comte a sur lui Tavantage d'avoir compris, a la difference d'autres positivistes de France et d'Angleterre, et meme d'avoir mis en un juste relief, la part de Felement theologique et de Telement moral dans revolution progressive de Thumanit6.
Nous n'enlreprenons pas de faire une refutation complete des doctrines de Buckle ; nous laissons de c6te bon nombrede seserreurs religieuses, politiques et philosophiques. Ainsi nous ne ferons
1. D'ailleiirs, suivaut M. Littre, ducim autre peuseur ii'a jamais -egale Auguste Comte.