CHAPITRE DIXI^ME
que mentionner la negation du libre arbitre, qui n'est rien moins, suivant lui, que la base etla clef de Thistoire *. La preponderance, ouplutAt la part exclusive qu'il donne k Telement intellectuel dans Toeuvre de la. civilisation, voili quel sera Funique objet de notre examen et de notre critique.
Buckle, il est vrai, des le debut de son ouvrage, distingue, dans le progres de la civilisation, Telement intellectuel et T^lement moral ; mais le but qu'il se propose est de monlrer Tinsignifiance de ce second 616ment dorit, Thistoire k la main, il institue, pour ainsi dire, le proces. II oppose d'abord le contraste de Fimmobilit^ et de la sterilite de I'element moral avec la mobilit6 et la Kcondite de i'element intellectuel. Comme le philosophe moraliste Mackintosh, dont il invoqu€ Tautorite, il n'admet pas de d^couvertes en fait de morality. Rien, depuis la plus haute antiquite jusqu'i nos jours, n'a moins change que ces grands dogmes communs a tons les' systemes de morale ^ Qu'a-t-on ajout6 k ces antiques pr6ceptes : faire du bien aux autres ; sacrifier
1. Stuart Mill, dans sa Logique des sciences morales, livre VI {LogiquCj 2« Edition) s'appuie sur la demonstration donnee, dit-il, par Buckle, que les ^v^nements hu mains sont soumis a des lois.
2. En Angletcrre, Buckle a 6te r6fut6 par Lecky, I'auteur do VHhtw'rp dp In morale que nous avons d6ji cite. Tout en admet-
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pour leur avantage nos propres d^sirs; aimer notre procliain comme nous - memes ; honorer ses parents; contenir ses passions; respecter ceux qui sent au-dessous de nous, etc. * ? Tels ils 6taieoLt, -il y a des milliers d'ann6es, tels encore ils sent aujaurd'hui , sans qu'un iota y ait 6te ajoute par les livres des moralistes et par tons les sermons de tous les th6ologiens du nionde.
Sans vouloir engager ici une discussion qui ne saurait etre qu'incidente, ne laissons pas passer, sans au moins la signaler, cette premiere erreur de Buckle, que nous avons d'ailleurs r^futee k I'avance, quand nous avons fait la part de C6 qui demeure fixe et de ce qui change en morale *, La fixite des principes en eux-memes n'empeche pas, comme nous Tavons vu, un d6veloppement progressif de leurs consequences et de leurs applications. Buckle a le tort de m6connaltre entierement ce progres des idees morales qui est une consequence du progres intellectuel, ou plut6t qui est identique avec lui. S'il avait regards plus attentivement aux livres , aux distant quiei les premiers ^l^ments des moeufs demeurent inalt^r^*, Lecky s'attache a monlrer qu'il y a des changements de la plus grande importance, pour I'histoire g6n6rale de la civilisation, dans la valeur relative atlach6e aux vertus particu litres.