CHAPITRE DIXI^ME 2,1 a
nuit^, a raccroissement du. progres social? Que deviendra Toeuvre, si les agents qui doivenl Taccomplir n'ont ni force ni bonne volonte? Que deviendra le depdt, si les depositaires ne sont ni stirs ni fideles?
Meme en niant Tinfluence des actions personnelles, Buckle aurait du au moins, a ce qu'il semble, ne pas meconnaitre celle des bonnes oeuvres sociales, des institutions de bienfaisance et de charite qui s'etendent au deli de la personne elle-meme, sur un plus ou moins grand nombre d-individus, dans le pr6sent et dans Favenir, non moins que les idees ou les d6couvertes scientifiques. Cependant il n'accorde que rinfluen<5e la plus restreinte, et toute passagere, aux bienfaits de la plus active philanthropic, aux dons de la bienfaisance, aux bonnes oeuvres, aux institutions charitables, meme les mieux entendues. Partout, dit-il, on les voit bientdt d6g6nerer et tromper les vues charitables de ceux qui les ont instituees *..Est-ce done la un fait
1. Bagehot) qui appartient & la m^me 6cole, tie fait pas plu3 de cas des oeuvres de la philanthropic et de la charit6. On pent se demander, dit-il, si la bieuveillance des homuies fait plus de bien que de mal. {Lois scientifiques du (Uveloppement des natio7iSt 4* partie.) De m^me en est-il d'Herbert Spencer qui, dans son Introduction k la sociologie {Study of sociology ^Lond,, 1874, in-12), condamhe 6galement la charit6 publique et la charity priv6e. Yoiik toute une 6cole qui pr^che I'inhumanit^ au nom du progres et I'^rige en syst^me.
general, comme- Buckle raffirme? Ces OBuvres de charite et d^initialive individuelle ne sont-elles pas souvent au contraire transmises d'une g6n6ration a une autre g6n^ration, d'utipeuple knn autre penpie? Ne se sont-elles pas, plus d'une fois,transformees en oeuvres sociales, en institutions fixes et durables d'assistance publique, comme les hdpitaux, les hospices, les asiles de toute sorte qui recueillent et soulagent tant de miseres? Bornons-nous a citcr pour exemple, parmi bien d'autres, Tceuvre des enfants trouves de saint Vincent de Paul.
Tout en depr6ciant de la sorto les bienfaits de Texcellence morale, en comparaison de ceux de Texcellence intellectuelle, Buckle veut bien cependant reconnaltre qu'il y a quelque chose d'aimable et d'attrayant dans la bienfaisance, dans la philanthropie, dans toutes les vertus sociales, mais sans lui-meme s'y monlrer sensible et en les mettant au defi de rivaliser, pour le bien et le progres de rhumanit^, avec la moindre des decouvertes scientifiques.
Voici encore contre T^l^ment moral un autre grief, plus grave et plus inattendu. Non-seulement il est accuse d'impuissance et de st6rilite, mais il est denonc6 k tout le monde civilis6 comme un obstacle au progres, comme un danger, un fl6au public, contre lequel doiyent se mettre en garde los vrais amis de Thumanite. Sincerite des convic-