VHumamU, ^ Tol.in'go
12 MORALE ET PROGRfeS
sid^rales et palingenesiques, pour ne nous arreter qu'aux theories moins f6eriques ou la scfene se passe sur cette terre, nous rencontrons encore bien des erreurs et des chimeres, plus ou moins compromettantes pour la cause du progres. II en est qui pr6tendent relier le progres humain, sinon au progres des astres, tout au moins au progres g6ologique et zoologique, aux divers 6tats du globe, depuis I'etat gazeux jusqu'^ T^tat solide, a Tapparition successive et gradu6e d'etres organises de plus en plus parfaits, depuis les moneres ou protistes, jusqu'a I'homme * . Ceux-1^, et d'autres encore, historiens et philosophes, veulent que le cours du progres ne soit ni moins r6gujier ni moins fatal que le mouvement des astres ou le developpement de Tembryon. II en est enfin qui, tout en ne lui donnant que cette terre pour th6atre, s'efiForcent cependant de le faire indefini, soit par des renaissances, comme Pierre Leroux, soit par une perfectibility sans boz'nes, jointe a une sorte d'immortalit6 terrestre, comme Condorcet.
Quant a nous, persuad6 que I'unique artisan du
1. II est vrai qu'a chacune de ces revolutions ou dvolutions la terre se rapproche des conditions oiH elle sera habitable par Uhomme, Tagent unique du progres, mais le progres en luim^me est tout autre chose que le thS&tre sur lequel il s'op^re. C'est un nom, comme on disait dans r£cole, qui n'est nuUement univoque au regard de Thomme et au regard du monde.