CHAPITRE DIX1£MF
I'egard des vaincus, dans riiiimanite des- vaiiiqueurs? La m6decine et la chirurgie donnent, il est vrai, aux blesses des soins de plus en plus inielligents; mais c'est lacharite qui leur prodigue les soins devoues; c'est la charit6 qui va les chercher sous les balles ennemies et qui les abrite sous la croix de Geneve.
De meme, selon Buckle, ce serait a Telemcnt intellectuel tout seul qu'il faudrait faire honneur des progres de la tolerance religieuse. La science, sans nul concours des idees morales, des mcBurs, des sentiments, auraiit seule afifaibli,en attendant qu'elle les fasse disparaitre, le fanatisme religieux et les persecutions, en m^me temps qu'elle a discredite la vieille theologie. C'est la science qui, en demontrant la Constance et la r6gularit6 des lois de la nature, a chasse des esprits la croyance k des interventions miraculeuses d'un Dieu vengeur et irrite qui veut I'extermination de tons ceux qui nesont pas les siens. Le veritable, le seul antagoniste de I'intolerance religieuse, c'est done la science, et non la philanthropic ou la charit6 * .
i. 3« vol., chap. V. Ces id^es sont aussi celles de J. Stuart ]Vf ill dans ses Essais sur la religion qui vienuent d'etre traduits et publics par le docteur Gazelles. L'agent le plus actif du progres a eu si peu, dit Stuart Mill, le caractfere religieux, que la plus lourde charge qu'aieut eue k accomplir les autres influences salutairns de la nature humaine a et6 de reformer la religion
'12% MORALE ET PROOR&S
Qu« de reserves il faudrait faire en faveur des causes morales, sinon religieuses, en faveur de Tidee du droit dechacun, du respect de la libert6 de conscience, en faveur des id6es et des sentiments d'egalite, de fraternite, d'humanite, de charit6 ! Quant a nous,^ nous n'h^sitons pas a affirmer que la part qui leur revient est bien sup6rieure a celle des id6es et des decouvertes scientifiques.
Cependant, par analogie. Buckle' se persuade que les choses ont dA se passer de la meme maniere pour d'autres faits de moins grande importance et pour tons les progres, sans exception, de rhumanite; d'ou il conclut que la civilisation a succed6 a la barbaric, non pas par la vertu des principes et des sentiinents moraux, qui sont immuables et individuels, mais par la seule efficacite de ces lumieres croissantes de Tintelligence, par les notions et les decouvertes scientifiques qui 6clairent les esprits, dissipent les pr6jug6s, rendent la vie plus commode et plus douce.
Au systeme de Tauteur de VHistoire de la civilisation enAngleterre^ nous opposeronsla doctrine toute contraire de Tauteur de VEistoire de la civi-
elle-meme. Essaisur VtttiliU de la religion j^. 69, in-8. Germer- Bailli^re, 1875.