CHAPITRE DIXlfcME
lisation en Europe, Quoique, par un exces d'un autre genre, il ait peut-elre exagere I'influence des institutions politiques, Guizot ne s6pare pas le developpement social du developpement individuel ou de Famuli oration de Thomme interieur. II nous montre ces deux 616ments de la civilisation parlout li6s ensemble, dans chaque progres reel de la societe, dans toute I'histoire, comme dans la croyance g6n6rale de Thumanite. « L'int6rieur, dit-il, se reforme par rext6rieur. » Ces deux elements peuyent avoir i subir bien des retards et des transformations pour se rejoindre, mais tdt ou tard ils se rejoignent, sinon la civilisation reculerait au lieu d'avancer, sinon le progres serait faux et trompeur * .
Cependant la vertu, comme nous Tavons montre, n'etant par elle-m^me nullement progressive, il importe de determiner davantage, h I'encontre de Buckle, le v6ritable rdle de I'elfiment moral dans les progres de la civilisation. Comment r^lement moral, quoique enferme dans Tame de chacun, peut-il entrer pour quelque chose dans le cours croissant de la perfectibilite? II est bien vrai que tout progres transmissible est un progres de Tesprit, une manifestation, comme dit Turgot, du progres intellectuel. Mais si le progres