‹ Morale et progrèsChapitre 134 sur 199 · De la Civilisation en Europe, 1^® lecon · texte numérisé non relu

De la Civilisation en Europe, 1^® lecon

vient de Tesprit, nous pensons n'avoir pas moius bien montr6 que la civilisation ne peut subsister, que le progres lui-meme ne peut se continuer, se maintenir, qu'a la condition d'avoir la vertu pour point d'appui et pour garantie. L'amelioration morale de Tindividu, bornee a Tindividu lui-meme, n'entre pas, il est vrai, dans le cours du progres comme partie int6grante ou element intrinseque ; mais si eUe n'en est pas la matiire, elle en est la condition sine qua non, la condition essentielle. Otez la bonne volont6, la droiture des intentions, T^nergie morale, .les nobles sentiments; dtez, en un mot, tout ce que nous avons compris sous le nom de vertu, il n'y a pas de progres, comme I'a dit Guizot, qui ne soit faux et menteur; il n'y a plus de progres social, ou du moins il n'y en aura pas pour longtemps. « Le progres, a bien dit Proudhon, a sa base d'operation dans la justice et sa force motrice dans la liberte*. » C'est un point d'une consequence infinie, que nous pensons avoir d6jk 6tabli, mais sur lequel nous croyons ne pouvoir trop insister.

Quelle illusion de s'imaginer que, lorsque tout vamal dans les individus, lorsque les volont6s et

1. De la Justice Hans VEglise et dans la R^volutiofi, 3® vol., 9* 6lude.

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