Penshs, 6dit. Havet, art. 24, 2^ vol., p
232 MORALE ET PROGRfeS
m6dit6es par les partisans du progres continu et ind^fini. Nous pensons,avec Pascal, que ce qui nait, ce qui croit, ce qui se perfectionne, ajoutons que tout ce qui est ceuvre humaine, n'est pas absolument fort, c'est-i-dire est sujet a des d6clins, li des faiblesses, et aura n6cessairement une fin. Si loin que doive aller le progres social, n'est-il pas fatalement borne, d'un c6te, comme nous Tavons vu, par les bornes de la nature humaine, de Tautre par celles de la duree de notre terre qui elle-meme, sujette a la loi de tout ce qui nait et s'accroit, doit p6rir un jour, d'apres les previsions et les calculs de I'astronomie. II y a done un point au-dessus duquel le progres ne s'elevera pas, comme il y a un terme au del^ duquel il ne pourra s'6tendre.
Mais, laissant de cdt6 les bornes et les catastrophes fatales, que nul effort de Thumanit^ ne pent reculer ou empecher, il est plus utile de considerer s'il n'est pas d'autres causes de decadence et de chute qui sont de notre fait et que nous pouvons pr6venir. Est-il done vrai, comme le dit Boulanger, un des plus fervents ap6tres de la perfectibility au xvni® siecle, « que rien ne doive arreter le flot toujours croissant des progres de Tesprit humain * ? » Non-seulement nous n'en
!. Antiquite d^voileepar ses usages, 1766.