CHAPITRE 0NZI£ME
moptagiies, oni 6te plus sages, plus heureux, plus braves, avec un moindre degr6 de culture intellectuelle, de civilisation, de richesse et de bienetre!
Ah ! nous le disons sans h^siter, p^rissent plutdt bien-^tre, richesse, arts et Industrie, s'ils devaient avoir in^vitablement cet efFet funeste, cet eflfetmortel, d'affaiblir parmi nous les forces vives de la patrie, d'6nerver les Ames, les caracteres, les sentiments courageux, les vertus militaires ! Nonseulement il faut garder ces vertus, mais il faut les cultiver, il faut les mettre, jusqu'i nouvel ordre, au premier rang, dans Teducation et dans toute la vie, a moins d'etre r6sign6s k subir spoliation sur spoliation, affront jsur affront, k moins d'etre resignes k p6rir *. Je veux hi en qu'ils ne
pour lui. Sapposez k cc peuple un ennemi imprudent- et l&che, ayaut des id^es sans doute, mais ne les ayant pas assez k cceur pour leur faire les sacrifices qu*exigerait leur defense ou leur propagation; brave, mais sans un 6tat militaire bien entretenu et sans habitudes guerri^res, ou avec une organisation militaire en apparence assez forte, mais sans resolution et sans Anergic. Mettez en presence ces deux peuples : n'est-il pas evident que I'un 6tant meilleur que Tautre^ plus pr6voyant, plus sage, plus courageux, m^ritera de Femporter et Temportera en effet? » .
. 1. Un sage etlib6ral6conomiste, M. Minghetti, ministre du roi d'ltalie, vante ainsi les avantages de T^ducation militaire :
« L*education militaire, pour laquelle les fauteurs de la paix perpetuelle out une si grande repugnance, est tr^s-aptc h d^ployer toutes les facultes de rhomme, k le former k la dignite et k donner k un peuple cette fermete loyale et gen^reuse qui est le
fussent pas traitres, ni memo mal intentionn6s, ceux qui travaillaient k d^truire parmi nous Tesprit militaire, ceux qui voulaient, a la veille d'une guerre in6vitable, d6sarmer la France, en face de TEurope arm6e, et supprimer toutes les arm6es permanentes, en commencant par la ndtre ; mais quelle n'6tait pas la grandeur de leur aveuglement !
Ne nous trompons pas de nouveau; tous les biens de la civilisation, la richesse, la gloire elle-meme des sciences, des lettres, des beaux-arts, tout cela, aujourd'hui encore, ne pent subsister en sArete que sous la tutelle et la garde des vertus militaires, a Tabri du glaive, comme le rappelait 61oquemment Cic6ron h des Remains qui, eux aussi, 6taient trop empresses de Toublier *.
Voici encore pour la society un autre danger qui se d^veloppe avec le progres materiel. Les tentations de Tordre materiel, pour ne pasparler maintenant de celles de I'ordre moral, semblent croitre, plut6t que diminuer, avec les moyens de les satisfaire, c'est-a-dire avec le progres memo de la richesse et dubien-etre. Plusily ade besoins satis-
gage le plus certain du progres. » Des Rapports de ticonomie pu-. blique avec la morale et le droit, trad, par M. Saint-Germain Leduc, in-12, Guillaumin, 1863.
1. « Omnes urbanse res, omnia hsec nostra prseclara studia, hsBC forensis laus et industria, latent in tutela et in prsesidio bellicse virtutis, »