Emiley 1" livre
252 MORALE ET PROGRfcS
disons pas rhumanite, mais leurs uUpies, leur parti, leurs rancunes et leurs haines, que la patrie, que la France!
D'ailleurs, comme Rousseau Ta encore bien dit, Tamour de la patrie ne se separe guere de celui de la famille : « C'est par la petite patrie, qui est la famille, que le coeur s'attache a la grande \)) Si done, suivant la plainte, a peu pres unanime, des moralistes et des economistes d'aujourd'hui ^, les liens de la famille se sent relach6s chez nous plus qu'ailleurs, par differentes causes, dont les unes tiennent a la loi et les autres aux moeurs, comment les coBurs ne seraientils pas moins attaches a cette grande famille qui est la patrie?
Voila qaelqnes-uns des inconvenients et des dangers attaches, pour ainsi dire, aux flancs de la
1. Ibid. A la citation de Rousseau nous ajouterons ces quatre vers d'une belle ode a la patrie deM.de Laprade :
Si quelqu'un se disant le citoyen du monde Insulte k voire amour du haul de sa raison, Ce mot humanity sur sa levre infeconde .
Veutdire I'egoisme et sent la trahison,
Con^espondant du 10 f6vfier, 1875.
2. M. Le Play, dans tons ses ouvrages, signale comme la grande plaie de notre temps la dissolution de la famille, la famille instable^ suivant son expression. M. Baudrillart, sans ad- ^ettre toutes les critiques de M. Le Play, regarde aussi la famille comme en souffrance. Voir son ouvrage sur Education et la famille*