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260 MORALE ET PROORfeS

Facilite de faire, paresse de bien faire, abaissement des esprits, coinme des caracteres, voiiJi ce qui compromet le progres scientifique lui-meme, s'il n'a pas pour soutien cet 616ment moral qui est comme le sel, ou raromate, suivant une expression de Bacon, sans lequel tout degenere, tout se corrompt. Non-seulement nul progres social n'en dispensera jamais Thumanit^, comme nous croyons Tavoir amplement montr^, 4 Tencontre de Fichte et de Condorcet, mais il nous semble que le minimum requis de justice et de vertu, pour preserver le progres social, doit s'elever d'autant plus que les intelligences sont plus 6clairees, que les inventions de toutes sortes se multiplient, et que la civilisation semble grandir et se perfectionner davantage.

Consid^rons un pen, par exemple, le progres de tons ces moyens de mal faire et de d6truire qui vont parall element avec les d6couvertes des sciences et des arts. Toutes ces forces nouvelles que la science met aux mains de Thomme ne sont pas moins efficaces pour le mal que pour ]e bien, pour la mine que pour le salut. Est-il une d6couverte, si utile et si bienfaisante qu'elle soit, au point de vue g6n6ral, qui n'apporte avec elle quelque nouvel artifice pour tromper et pour nuire, quelque arme plus dangereuse, quelque venin plus subtil, quelque moyen plus puissant de destruction?

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