‹ Morale et progrèsChapitre 162 sur 199 · CHAPITRE TRElZlfeME 28i · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRElZlfeME 28i

Tua contro Tautre, au profit du miserable qui se propose de mettre le feu a notre maison, nos institutions Tont fait pour les hommes criminels ot sans principes. L'etablissement du suffrage presque universela r6alis6r^galit6 des droits, et ilest de toute evidence que le caprice seul de la foule s6pare r6galit6 des, droits deTegalit^ absolue *. » Sur quoi done, a defaut de r6l6ment moral, pouvons-nous faire quelque fondement pour conjurer les maux presents et les maux plus grands encore dont Tavenir semble nous menacer? Nous assurerons-nous sur Torganisation sociale, sur les lois, sur la bonne police, sur la force publique? II est vrai qu'un pouvoir fort, sinon despotique, pent, comme le dit Horace Mann, cont^nir, r6primer les mauvais penchants, les passions dangereuses desdiverses classes de la soci^te. La force elle-meme doit s'appuyer sur quelque principe. Oil done puisera-t-il sa force, ce pouvoir capable de mettre un frein aux ambitieux qui, comme

1. Conference d6j& cit6e. Cette conference, qui serait tout enti6re k reproduire ici, est pr^ced^e d'une notice par M. LAboulaye d^oil j'extrni$ le passage suivant : « lA oiH r^gne le suffrage universe!, 11 faut une Elevation univeraelle des caractdres, des esprits et des coeurs : autrement il faut s'attendre k des calaniit^s et a des ruines universeiles. » On voit que M. Laboulaye est de Tavis de tons ceux que nous avons cites sur le danger des institutions actuelles si elles n'ont pas pour contrepoids la m6ralite. Indiquons aussi Tarticle sur Horace Mann, de M. Leroy- Beaulieu, dans les Debats du 26 f^vrier 1873.

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le dit avec tant de v6rit6 Leibniz, sont prets a mettre le feu aux quatre coins de la terre pour leur plaisir ou leur avancement? Droit divin, souveraiuet6 du peuple, pl6biscite, suffrage univergel, quel est le principe de gouvernement que les r6 volutions aient re^ect6?

Aussi, dans une apprehension continuelle du lendemain, on s'estime presque heureux de quel-ques jours conserves k la paix publique. Vienne une dissolution, ou meme quelque defaillance, de cette force legale si pr^caire, qui contient tant bien que mal la sedition et Tanarchie, quelle explosion terrible pent troubler un calme qui n'est qu'a la surface !

Mais alors m^me que la force publique viendrait a faire defaut, ne pourrait-on done pas compter, pour so preserver des derniers exces, sur le courage des honnetes gens, sur les progres de la raison publique, sur le lib^ralisme des partis, sur radoucisseoient des moeurs, sur les progres de la philanthropic et de Thorreur du sang?

Les honnetes gens semblent plus que jamais, co qu'ils out toujours 6t6, generalement tinfiides et lAches. S'ils ne sont pas appuyes par le pouvoir, ils selivrent et s'abandonnent eux-m^mes; non-seulement ils n'ont pas le courage de combattre,mais ils n'ont pas m^me toujours celui de voter. Chacun se tient Ji Tecart, se flattant d'echapper, par

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