CHAPITRE TREIZlfeME
veille de la paix et de la felicity universelles, d'lin doux et fraternel embrassement de tous les peupies et de toutes les classes de la societe. Jamais la sensibiiite ne fut plus a la mode, jamais on ne temoigna plus d'horreur du sang vers6, jamais on ne fut plus pres, a ce qu'il semble, de voir a tout jamais disparaitre T^chafaud. Robespierre luimSmene declamait-t-ilpas, a Arras, conlre la peine, de mort?C'6taitle temps desidylles, des pastorales, des bergeries. Toutes ces illusions duraient encore, quand d6ja on ^tait a la veille des massacres de septembre, de la guillotine en permanence et, pour tout dire en un mot, a la veille de 93 M Sous la surface polie du xvni® siecle, dit bien Edgar Quinet, se retrouverent tout vivants les maillotins, les cabochiens du xiv® siecle % »
Mais, en fait d'illusions na'ives et de deceptions . terribles, il suffit, sans remonter a 93, de songer a ce qui s'est pass6 de nos jours et bier encore?
1. Voici surce sujet quelques justes reflexions de Tocqueville : « n est curieux de voir dans quelle 96curit6 6trange vivaient tous ceux qui occupaient les. stages sup^rieurs et moyens de Tedifice social, au moment m^me oi\ la Revolution commencait, et de les entendre diseourir ing^nieusemcnt entre eux, sur les vertus du peuple, sur sa douceur, son d^vouement, ses innocents plaisirs, quand deja 93 est sous leurs pieds. Spectacle ridicule et terrible. » UAncien regime et In Rivoliition, chap. xn. K La notion mdme d*une revolution violente etait absente de Tesprit de nos peres. On ne la discutait pas ; on ne Tavait pas concue. » Chap. xiii.