CHAPITRE QUATORZlfeME
d'un tout autre genre. En effet, il place les sentiments, les habitudes, les exemples, si fort audessus des lecons et des maitres, pour la conduite de la vie et la formation des caracteres, qu'en opposition h ceux qui, en Angleterre comme en France, n^attribuent aujourd'hui d'efficacit6 qu'a rinstruction toute seule, il nie absolument Tinfluence d'un enseignement quelconque, meme d'un enseignement moral, sur la volenti. Entre la culture intellectuelle et le sentiment moral il n'y a nul rapport ; il y a, suivant son expression, irreiation. St6rilit6 absolue, au regard de la morale et de Faction, de toutes les lecons et de tous les maitres, voila la these qu'il soutient avec sa verve et son originality accoutumees, these non moins paradoxale et non moins fausse que celle de Buckle sur la sterilite de Telfement moral.
La foi aux lecons des livres et a Tinstruction est, selon Spencer, la grande superstition de notre epoque ; le sentiment seul, et non la connaissance, produit Taction*. Que d'erreurs sociales, suivant lui, ne r^sultent pas de cette verite meconnue ! On s'imagine g6neralement que Tintelligence est necessaire pour ameliorer la conduite ; de la Tillusion qui est le grand mobile de tous les efforts pour repandre Tinstruction. Des statistiques de