La D^mocratiej chap. iir
du mal ! combien sont soutenues, fortifi6es et consolees * !
Peut-elre meme , ajouterons-nous , onl-elles droit aujourd'hui a un plus grand respect de la part des amis de la liberty philosophique et de la tolerance , parce que non-seulement elles ne peuvent plus porter atteinte a la liberty de conscience de personne, mais parce qu'elles-memes, au nom de cette liberie, ont besoin d'etre protegees et d§f endues. Pour rester fideles au grand principe de la tolerance, pour combattre, partout oil elles se rencontrent, la persecution et la violence, c*est de leur c6i& que doivent se mettre aujourd'hui les lib6raux sinceres et les vrais philosophes. Ne voyons-nous pas en eflfet se ranimer autour de nous un nouveau genre de fanatisme
1. « Si la religion n'est pas le fondement de la morale, dit M. Janet, elle est le fondement de son efficacit6 pratique. » La Morale f dernier chapitre. Stuart Mill conteste, il est vrai, celte utility de la religion pour la morale^ sans cependant pouvoir la m6connaitre absolument, au moins sur certains points. D'ailleurs, comme Auguste Comte, il imagine, pour remplacer la religion, una autre religion, celle de la vie d'ici-bas ou de riiumanit^. Voici la conclusion dc son Essai sur le th^isme : « Nous pouvons conclure que les influences de la religion sur le caract^re, qui persistent aprfes que la critique rationnelle a fait I'impossible contre les preuves de la religion, valent bien la peine d'etre conserv6es, et que ce qui leur manque de force directe, en compavaison d'une croyance plus solide, est plus que compens6 par la v6rit6 et la rectitude sup6rieure de la morale qu'elles sanctionnent. » Essais sur la religion naturelle.