‹ Morale et progrèsChapitre 186 sur 199 · CHAPITRE QULNZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QULNZIEME

vaiitent cVautant plus qu'ils reientissent dans un ciel qui semblait plus calme et plus serein.

Soyons done plus indulgents pour les genera*tions qui nous ont precedes, mais soyons plus severes pour nous-memes. Gardons-nouS de Torgueil et de la pr6somption et, faute de travailler a 61ever nos volontes et nos cceurs a Tegal dc nos lumieres, ne laissons pas succomber parmi nous, par la corruption et la mollesse, cette cause du progres pour laquelle nous nous vantons d'un si grand attachement, et qui est manifestement en p^ril par les causes sociales, politiques et religieuses que nous avons indiquees. S'il n'y a pas quelque recrudescence et reaction de Telement moral, comment celle puissance croissantc pour le mal sera-t-elle contenuo et enchainee^ Telle est la conclusion a laquelle nous conduit cette analyse de la notion du progres, de ses elements, de ses limites et des conditions sans lesquelles nous croyons qu'il ne saurait se rontinuer, ou meme se maintenir.

Resumons, en terminant, les principales idees que nous avons developpees dans ce volume. Notre premier soin a 6t6 de separer le progres de tout ce qui n'est pas lui, de tout ce qui n'en porto qu'improprement le nom; nous Tavons distingue de revolution, nous en avons circonscrit le champ dans rhumanit6 terrestre. Entre le progres, cctkt

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libre marche exi avant vers le meilleur, et la condensation des n6buleuses, le passage de notre planete de Tetat liquide a Tetat gazeux, les revolutions geologiques et les evolutions zoologiques, nous n'avons Vu que des analogies artificielles, et non un lien veritable, en d6pitdes formules, plus obscures et bizarres que profondes, dans lesquelles certains penseurs s'eflForcent de les identifier et de les confondre. Puis nous avons cherche ce qu'est le progres liumain, le seul vrai progres, et quels sont ses elements. De cela seul que nous avons la faculte d'acquerir et de transmettre des connaissances, Thomme et Thumanit^ sont perfectibles, ce qui ne veut pas dire qu'ils se perfectionnent necessairement. Le progres est notre oeuvre a nous; il depend de nous, non du destin, ou meme de la Providence, qui, tout en nous en donnant la faculte, nousenlaissela responsabilite. II est, comme nous Tavons dit, la faculty par excellence de rhomme, mais en meme temps il est un devoir, et meme le plus grand de tons les de- ' voirs, puisqu'il rassemble et resume en lui tons les autres, a savoir notre propre perfectionnement et celui de nos semblables. Or il en est de ce devoir comme de tons les autres ; nous pouvons le violer, tout comme nous pouvons Taccomplir.

De la ces temps d'arret, ou meme do marche en arriere, de \h ces defaillances, tout a la

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