CHAPITRE QUINZIEME
d'autrui, en un mot de tout ce qui n'est pas absolument delui, pour lajuger toute nue, comme les juges des enfers dans le mytlic du Gorgias de Platon. '
Mais, sans cet element moral, purement individuel, invisible et intransmissible, nous venons jJe voir que tout progres pouvait d6g6n^rer en un mal, que ce qu'il y a de meilleur se gate et se corrompt. L'6l6ment moral n'est pas lui-meme progressif comme la science, mais il est Tunique pr6servatif contre la corruption et la dech6ance.
Le progres moral indispensable, sous peine de decadence et de fuine, pour Tindividu et pour la soci6te, ne peutconsister que dans Fam^lioration des ames et des caracteres, dans Taugmenlation du nombre des hommes justes, dans la quantite de la vertu, en un temps et en un lieu donn6s, dans une simultaneity d'efforts, sans cesse renou- . veles, et non dans un heritage quelconque transmis et accumule.
Comment, en derniere analyse, la quality, la valeur d'une soci6te, etde Thumanit^ en g6n6ral, ne serait-elle pas dans la dependance de la qualite et de la valeur morale des individus qui la composent? Les propri^tes des unites d6terminent les proprietes des agregats, comme dit Spencer ' ; de