CHAPITRE DEUXifeME
tee en tantde facons diverses par les interets et les passions, cette lumiere si souvent eclipsee, mais qu'on voit briller cependant, par intervalles, toujours la meme, h travers la suite des siecles, sinon d'une maniere continue, au moins en certains actes priv6s ou publics de la vie des individus et des peuples? Quelle estenfin cette lumiere qui ne fait absolument d6faut k personne, meme aux plus humbles et au plus ignorants ; ou bien, suivant une expression de Fenelon, quel est ce centre fixe et immobile * auquel, des le commencement et jusqu'a la fin, s'est rattach6 et se rattachera tout ce qui, dans les actions humaines, porte un caractere de bont6 et de rectitude ?
Certains philosophes spiritualistes, trop amoureux des m6taphores, ou enclins a une sorte de mysticisme et s'imaginant sans doute donner au principe supreme de la morale un caractere plus inviolable et plus sacr6, ont eu le tort de se complaire a le repr6senter comme quelque chose de mysterieux et de sumaturel, comme une illumination d'en haul, un rayon du dehors qui fend la nue et quiperce nos t6nebres interieures.
Que si cette regie souveraine et immuable de la conduite humaine n'est pas, comme ils le disent, une revelation directe et miraculeuse 'd'en baut, ce n'est pas non plus davantage, selon le