Traits de C existence de Dieu^ 1^® partie
oO MORALE ET PROGRfeS
sentiment d'autres philosophes, une conception puredenotre esprit, un pur id^alque notre raison concoit comme la regie qu'il faut suivre, mais qui, en dehors de notre raison elle-meme, n'a aucupe r6alit6. Si nousrejetons toute conception mystique de la loi morale, nous n'admettons pas davantage cet id6al vide, ce conceptualisme ou formalisme abstrait qui serait depourvu de raison et d'autorit6. Qu'est-ce done que la loi morale en elle-meme? L'essence meme de I'homme, la conscience des f acult6s caracteristiques ou de la dignity et de Texcellence de notre nature, voil^, suivant nous, Tunique fondement, voili tout le contenu de la loi morale. Plus nous y avons pens6 et plus nous avons acquis la conviction que cette loi, qui nous present ce que nous devons faire ou ne pas faire, n'est pas autre chose que la conscience, que la forme meme de notre nature. Aussi ne craignonsnous pas de dire, en ce sens, avec saint Paul \ que rhomme est sa loi h lui-meme, ou, avec saint Bernard , que la conscience n'est que la science de soi-m6me *.
1, « Cum enim'gentes quae legem non habent naturaliter eaqusB legis sunt faciunt, ejus modi legem non habentes ipsi sunt lex. » {Epistola ad RomanoSj cap. ii, v. 14). N'est-ce pas 1& encore cette loi, ce christianisme de nature, admis par Tertullien, par Bossuet et d'autres th^ologiens^ qui repose sur la nature mSme de rhomme ?
2. « Conscientia sui ipsius scientia. » —Traits sur la conscience y