H • PREFACE
eclairant cette questioa par ime sorte de parallele avec la querelle litteraire des anciens et des modernes .
En 1871, j'ai repris ce parallele avec de nouveaux developpements, dans les derniers chapitres de mon ouvrage sur la Conscience en psychohgie et en morale, J'ai distingue I'elementintellectuel de I'element moral : j'ai montre leur role reciproque, comme aussi leur concours necessaire, dans I'oeuvre de la civilisation et du progres.
Aujourd'hui je reviens encore a cette mdme question du progres, en la considerant d'une maniere plus generale, et en tachant de completer, par de nouvelles reflexions, ce que precedemment je n'avais fait qu'indiquer. D'abord j'enferme le progres dans les limites hors desquelles il n'est plus qu'un reve et une chimere. Je lui donne la terre pour tinique theatre et, pour unique agent, I'homme avec sa liberte; je lui assigne des limites necessaires, dans la duree mSme de cette terre, dans les conditions et les bornes de la nature humaine.
En analjsant les elements perfectibles et les elements non perfectibles de notre nature, qu'on a trop souvent confondus, je fais voir que le progres,quoiqu'il ne reside que dans I'intelligence et dans ce qui ne depend que de I'intelligence, ne saurait se soutenir, au sein de la. societe, comme dans les individus, sans le concours de la bonne volonte, c'est-a-dire de la vertu.