CHAPITRE QUATR1£:ME
meme, malgre toute la diversity de leurs manifestations, selon les individus, les temps et les lieux. Les lumieres acquises augmentent, mais non pas la faculty, consid6r6e en elle-m^me, de les acqu6rir. Les ressources en tout genre de I'esprit se sont multipli^es, les m6thodes se sent perfectionnees, mais rien ne prouve que sa vigueur naturelle se soit accrue. Rousseau a dit, noh sans quelque vraiseinblance : « II n'y a point de vrai progres de la raisoh dans Tespece humaine, parce que tout ce qu'on gagne d'un cdte on le perd de I'autre, que tons les esprits partent toujours du mSme point et que le temps qu'on emploie a savoir ce que d'autres ont pens6 6tant perdu pour apprendre k penser par soi-m6me, on a plus de lumieres acquises et moins de vigueur d'esprit * . »
II se pent que la vigueur d'esprit ne soit pas moindre aujourd'hui qti'autrefois, quoi que dise Rousseau, mais rien ne prouve qu'elle ait augments. Dans les traits fondamentaux de rhomme int^rieur, il n'y a pas moins de stability que dans ses traits physiques et dans sa conformation exterieure. En un mot, ce qui ne change pas en nous, c'est ce qui constitue ossentiellement la nature humaine.
Aussi, malgr6 tons ses progres, la civilisation